Grizzly Bear – Veckatimest

Grizzly Bear – Veckatimest

Grizzly Bear - Veckatimest - Warp Records

Histoire de ne pas sortir du jardin Warp, Grizzly Bear est un peu l’Autechre du folk. Des arrangements difficiles à assimiler, des mélodies dubitatives, des ambiances sur lesquelles on ne sait pas trop comment s’asseoir… En gros, leur premier album Yellow House sorti il y a trois ans était plutôt flou et peu évident d’accès, révélant néanmoins progressivement ses subtilités au fil des écoutes. Il fallait donc de la patience pour apprécier ce premier essai, et ceux qui ont eu du mal à s’imprégner du son Grizzly Bear ont le droit à une séance de rattrapage convaincante. Les refrains sont identifiables, le ton est plus dynamique, et les recherches sonores sont peut être moins spontanées mais plus poussées, à tel point que l’album a été trimballé dans trois endroits différents au large de New York, pour prendre sa forme définitive dans une église. Les morceaux sont donc définitivement bénis par Edward Droste, Christopher Bear, Chris Taylor et Daniel Rossen, qui semblent tenir un élevage industriels d’instruments de musique à la maison : basse, xylophone, batterie, glockenspiel, machines, piano, banjo, saxophone, clarinette, claviers, etc. Sans oublier la voix, qui prend une importance capitale sur ce disque, puisque utilisée par tous les membres du groupe.

Veckatimest est le nom d’une île inhabitée du Massachusetts, le genre de concept qui laisse rêveur, et qui concède le sentiment de s’évader et de les voir en concert, peinard au milieu d’un paysage neutre pour pouvoir se concentrer au maximum sur la richesse de leur musique. Le groupe de Brooklyn offre un tour de téléphérique gratuit pour atteindre les sommets de l’aérien Southern Point, récit post-folk qui justifie à lui seul leurs prestigieuses premières parties pour Feist, Radiohead ou TV on the Radio. La chanteuse Victoria Legrand s’approprie les chœurs de l’un des points forts du disque, le joueur et psychédélique Two Weeks. Pour gonfler les morceaux de cette intensité mélancolique et caractéristique qui articule leur imagination, Grizzly Bear s’entoure du compositeur classique Nico Muhly qui met son quartet de cordes et sa chorale au service de morceaux comme l’écumeux Cheerleader ou Ready, Able, rendu spirituel par le gros travail sur le chant. Les autres chansons rebondissent dans cet univers à bulles au goût de chamallow qui rend nostalgique à la première bouchée. Ainsi, on est obligé de laisser souffler ce vent à l’odeur si agréable, fouetté par All We Ask qui aspire les restes des Beatles avec une paille, un Foreground qui pourrait célébrer une messe, puis par dessus tout, l’enthousiaste et solennel While You Wait for the Others et l’innocent Dory qui change de couleur sans laisser pressentir un tel refrain qui laisse des fourmis dans l’estomac…

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