Bibio – Ambivalence Avenue

Bibio – Ambivalence Avenue

Bibio - Ambivalence Avenue - Warp Records

Pour pas changer, on est excités comme des puces à l’idée de découvrir une nouvelle signature de Warp, presque autant que votre gamin qui ouvre un paquet de cartes Pokemon. Nouvelle mais pas tant que ça, puisque Bibio a déjà fait une apparition plus ou moins remarquée sur le label, à travers le maxi Ted de Clark, morceau d’abstract hip-hop organique de cathédrale dont il a fait une cover folk aussi improbable que réussie. Avec trois albums sortis chez la ‘concurrence’ Mush Records, l’américain en arrive à surprendre des artistes à qui on ne la fait pas en temps normal. Ils s’influencent entre eux avec Boards of Canada et Clark, donnant même à ce dernier l’envie d’intégrer des guitares dans son album. En bref, Bibio est un architecte des mélodies, un bâtisseur de musique subtile à la finesse éclatante ciselée par sa manie de sampler son environnement (bruits d’arbres, de pluie, de jouets…). Pour l’anecdote, son pseudo Bibio fait référence à sa jeunesse, lorsqu’il attrapait des truites avec son père grâce à l’appât du même nom, une petite mouche noire et rouge. Le piège fonctionne toujours, mais cette fois-ci, la victime c’est nous.

L’éponyme Ambivalence Avenue s’ouvre sur un folklore acoustique, comme si Bibio donnait un concert gratuit dans le sous-marin jaune des Beatles. Les crépitements en moins, on croirait entendre tourner un vieux 33 tours d’un visionnaire inconnu des années 70 sur ce Jealous of Roses, au grain délicieusement vintage. Pour brouiller les pistes, l’artiste alterne perles abstract hip-hop et plaisirs folk tout au long de l’album, dans un ensemble pourtant cohérent. Côté chansons, on s’arrêtera aussi sur Lover’s Carving, track enjoué mais qui tarde à s’emballer, et par dessus tout sur Haikuesque (When She Laughs) , clef de voûte de l’album, à la fois calme et terriblement intense. L’autre facette n’est pas moins maîtrisée : le rafraîchissant Fire Ant est un instrumental éthéré qui ne demande qu’à accueillir un jeune flow plein de fougue, puis sur un ton plus dramatique et pêchu, on pense obligatoirement à Abstrackt Keal Agram sur Sugarette, dont la brutalité de la rythmique est compensée par des nappes harmonieuses et ajustées à l’ambiance globale. Enfin, S’vive est le parfait reflet de ce mélange, des parcelles vocales déstructurées qui se concatènent à des guitares triturées.

Tant pis pour Mush, tant mieux pour Warp!

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