Hanne Hukkelberg – Blood From A Stone

Hanne Hukkelberg – Blood From A Stone

Hanne Hukkelberg - Blood From A Stone - Nettwerk

Quand on apprend que Hanne Hukkelberg auto-catalogue son troisième album dans le rayon rock’n roll, on n’a décidément pas la même définition du genre au pays des fjords. Avec une musique toujours aussi intimiste, la tentation reste trop forte pour ne pas citer ses amies du froid Björk, Stina Nordenstam ou Emiliana Torrini. La comparaison est juste, même si Hanne garde un style bien singulier, limite expérimental, sur lequel miroite son background jazz et métal ainsi que ses attirances pour Sonic Youth, les Pixies ou Cocteau Twins. Aux antipodes de l’album précédent, enregistré à Berlin, Blood From a Stone est né sur un village côtier d’une île norvégienne à quelques nœuds de la banquise qu’elle a du faire fondre avec ces arrangements chaleureux et souvent minimaux.

Si vous laissez un enregistreur numérique à portée de main de Hanne Hukkelberg, ne vous étonnez pas si elle revient avec des sons d’oiseaux, d’ustensiles de cuisine, de portes de train… Ce sampling compulsif mais discret est l’une des particularités du disque, en plus du caractère multi-instrumentiste de l’artiste. Batterie, basse, guitare, piano, et bien sûr voix (la plupart du temps enregistrées en une seule prise) orchestrent des morceaux comme l’éponyme Blood from a Stone, ballade bluesy artificiellement glacée qui se rapproche de la fraîcheur instrumentale de Roisin Murphy, le genre de truc mélancolique mais qui provoque l’effet inverse. La norvégienne fait appel à de nombreux artistes locaux, dont les noms ne vous diraient rien, et qui restent assez timides tout au long de l’album. Il peut parfois y avoir des longueurs, des moments qui manquent de fougue, mais l’ambiance de certains morceaux peut rapidement faire oublier ce défaut : une mélodie hantée habite Bygd Til By (seule chanson dans sa langue natale), puis les battements modestes et le piano plaintif de Midnight Sun Dream laissent se manifester pleinement la voix juvénile d’Hanne. Seventeen est un folk minimaliste soutenu par une ligne de basse étouffée qui guette le départ progressif du morceau. Une légère brise semble souffler sur No One But Yourself, et avant d’entendre la poésie rock tout en retenue In Here / Out There, on s’attardera sur Salt of the Earth, qui a quelque chose de macabre, où sa voix d’habitude si douce se veut plus rauque et charismatique.

Encore un truc venu du froid qui réchauffe, si ça c’est pas paradoxal…

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