Various Artists – Fabric 47: Jay Haze

Various Artists – Fabric 47: Jay Haze

Various Artists - Fabric 47 Jay Haze - Fabric Records

Jay Haze fait partie des artistes de la scène club qui passent un peu pour des visionnaires aux yeux des spécialistes. Le producteur a la particularité de manager trois labels dont la seule énumération dévoile une ouverture d’esprit assez rare. TuningSpork pour la house et les bonnes vibes, le plus dur et sérieux Contexterrior pour la techno, et Future Dub pour le downtempo et bien sûr le dub, avec seulement 6 sorties en 9 ans. Toujours avant-gardiste dans sa tête, il crée Textone (bien avant Beatport et autres plate-formes), un webzine et net-label où il partage ses découvertes. Egalement connu sous le pseudo Fuckpony, on le retrouve malgré des productions ambitieuses sur des gros labels tels que Playhouse, Cocoon ou Get Physical, et beaucoup d’autres structures peuvent se vanter d’avoir au moins un remix de cet hyperactif dans son catalogue. Paraît-il que Jay Haze a vécu des moments vraiment pourris, des passages noirs dans une vie qui slalome entre drogue, prison et nuits sans-abri. Il a finalement connu tellement de saloperies qu’il a maintenant envie de relativiser, en distribuant l’amour par une musique élégante plutôt que d’extérioriser toute cette haine accumulée. Meilleur exemple, les bénéfices de la compile seront reversés au groupement Merlin Health Service, pour aider le Congo. Si ça c’est pas respectable…

Ce Fabric 47 lui laisse le temps de s’exprimer sur 20 titres. Au programme, beaucoup d’auto-promo avec des titres issus de ses labels, mais au-delà de la prétention, il s’agit avant tout d’artistes avec lesquels il se sent proche, ce qui rend forcément le mix plus que personnel. L’originalité démarre au moment où vous insérez le cd dans votre platine : son morceau de jazz décalé Awakening introduit le set, suivi d’un de ses poulains, Lil Dirty ghetto Bastard qui, comme ne l’indique pas son nom, distille une house fine qui tire presque vers la musique classique. Il paraît ensuite facile pour Jay de sauter d’un style à l’autre en restant tout à fait cohérent, avec par exemple l’explicite Mike Dunn aka Mr.69 pour un morceau soulful un peu vicelard sur les bords, avant de dériver comme si de rien n’était sur un remix dub qu’il a composé pour Catrat, magistralement enchaîné avec la minimale funky d’Alex Celler. Les meilleurs moments se comptent sur les doigts des deux mains : la techno de fakir Mellow Dee, de votre serviteur accompagné par Ricardo Villalobos, son excellent duo avec D:exter, un bootleg afro-booty entre The Last Poets et Pheek, l’organique Burning de Fuckpony, puis un petit cadeau, un titre exclusif de hip-hop jazzy en la personne de Rockey sur TuningSpork. L’un des meilleurs set Fabric depuis longtemps!

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