Various Artists – Balance 016 mixed by Agoria

Various Artists – Balance 016 mixed by Agoria

Various Artists - Balance 016 mixed by Agoria - EQ Recordings

Faut-il encore rappeler que la techno n’est qu’un petit pourcentage des affinités musicales d’Agoria? Même s’il garde toujours le Big Fun d’Inner City dans son bac plein à craquer, ses DJ sets ont démontré que le gaillard avait une palette de goût très colorée. Après James Holden, Will Saul et Joris Voorn, la série Balance (qui devient incontournable au fil des sorties) accueille Agoria pour un double cd à l’éclectisme jouissif, doté de onze morceaux exclusifs qui sortent en parallèle sur vinyle dans leur version intégrale.

Commençons par la fin. Le second disque, Rising Sine, est plus homogène et dancefloor que son frère. Après une intro au piano d’Aphrodite’s Child (il fallait y penser), on peut commencer à bouger sur des pièces minimales et résolument mentales rythmées par The Same, Different Gear, Michael Forzza… En dépit de ce superbe track old school de Francesco Tristano, Agoria peine à convaincre dans le premier tiers du cd. Ce qui passera pour une mise en jambe laisse place à quelques bons moments de DJing : son fabuleux Libellule, la profondeur d’esprit de Drama Society, les influences John Carpenter de Einmusik, l’italo-disco baléarique de Serge Santiago dans l’un de ses meilleurs remixes pour Shit Robot, et remercions le enfin d’avoir pensé à placer la géniale reprise de French Kiss d’Avril, adroitement glissée deux fois à trois morceaux d’intervalle.

Le premier disque est de loin le plus excitant. Sur Aller Retour, Agoria frappe par son originalité dès les premières nappes ambient de Gregg Kowalsky et Alva Noto qui ouvrent et ferment le bal. L’inconnu Manvoy de Saint Sadrill se la joue encore plus bancal que Thom Yorke et la Tour de Pise réunis. La tracklist est peu conventionnelle et ambitieuse. Lui faire confiance présente des avantages. Le lyonnais se permet des choses sur cd, laisse éclater ses goûts sans personne au dessus de son épaule pour lui dicter quel disque passer : mystérieusement downtempo, le mix fait voyager avec Tosca et ses instrumentations traditionnelles ou la délicate et charismatique Emiliana Torrini. Un beat apparaît seulement à partir du 8ème morceau signé Arandel et Agoria continue de jongler habilement avec des tracks improbables comme la techno-opéra en featuring avec sa maman Altre Voci, l’intense cascade synthétique de Glimpse et tout ça toujours enchaîné de main de maître. On va finir par avoir un accident à force de ne jamais être prévenu de tous ces virages inattendus. le groove alambiqué de Olibusta donne le relai à l’ambient racé de Cubenx, la nu-disco tropicale de Todd Terje, la pop poussiéreuse de Bibio et la deep house fanfaronne de Trus Me.

Agoria le confirme et le grave dans le marbre, un DJ Set sur cd avec son nom en grosses lettres sur la pochette, on en a largement pour son pognon.

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