Silicone Soul – Silicone Soul

Silicone Soul – Silicone Soul

Silicone Soul - Silicone Soul - Soma Quality Recordings

10 ans d’anniversaire par rapport à leur premier opus, c’est l’occasion pour Silicone Soul de sortir un album éponyme en forme de consécration, tant il est vrai qu’à l’époque de Soul Thing, on ne les imaginait pas forcément aller aussi loin malgré ce superbe disque qui aurait pu n’être qu’un coup de génie passager, ou qui brillait grâce à la chance du débutant. Vu la maturité et la singularité de leur son, le parcours de Craig Morrison et Graeme Reedie est finalement logique. Quatre albums durant, ils ont fait voyager leurs émotions sonores entre un studio de Glasgow et le sud de la France, pour faire incontestablement partie du carré d’as du label écossais Soma, avec Slam, Funk D’Void et Percy X.
Chaque disque siliconé se retrouve inévitablement meilleur album dance de l’année ou se voit gratifié d’une nomination prestigieuse dans un magazine reconnu quelque part dans le monde, mais les compères restent malgré cela très modestes puisqu’ils ont par exemple refusé de passer dans l’émission Top of the Pops pour y jouer l’un de leur hits house. Récemment occupé à gérer leur structure Darkroom Dubs, qui accueille Sei A, Gary Beck ou Afrilounge, ils trouvent quand même le temps d’élargir leur discographie, même si cet album n’est pas leur meilleur à ce jour.

La ritournelle à la guitare sur Koko’s Song (qui fait au passage penser à Sascha Funke sur Mango) se décline vers une deep techno mélancolique et aérienne, hommage à un fan décédé trop tôt. Passé ce premier titre, on peut leur décerner une médaille de longévité pour leur capacité à surprendre et rester accrochés à cette scène techno en perpétuels rebondissements. Dust Ballad II n’a en apparence rien d’extraordinaire mais possède un pouvoir hypnotique masqué par ces nappes lointaines et ces vocaux plaintifs, dans le même esprit que Language of the Soul qui bâtit une sorte de bulle protectrice autour de nos tympans grâce à ses relents soul. Les tracks sont globalement répétitifs, mais chaque nouveau détail à son importance et contribue à enrichir ce gros travail sur les textures entrepris par le duo. Dark au premier abord, Call of the Dub met le pied dans un ascenseur trancey qui monte et qui descend, puis l’alien de l’album (c’est le cas de le dire) s’appelle David Vincent’s Blues, référence à la série des années 60 Les Envahisseurs, effectivement bluesy et quelque peu cosmique. Le troisième quart de l’album est moins excitant, et les deux derniers morceaux évitent de nous laisser sur notre faim : Seasons of Weird baisse le tempo sur fond d’acid house aux ambiances cinématographiques, et Dogs of les Ilhes est un titre très personnel puisque directement inspiré par le silence nocturne du petit village de Craig, représenté ici par quelques clavecins digitaux ou bruits de cloches. Silicone Soul est loin d’avoir dit son dernier mot!

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