Leïla – Bloods, Looms and Blooms

Leïla – Bloods, Looms and Blooms

Leïla - Bloods, Looms and Blooms - Warp Records

La première chose que l’on se dit en contemplant la pochette du disque que l’on tient entre nos mains moites, c’est qu’il serait vraiment dommage d’avoir de la musique de merde derrière un artwork aussi splendide. On était déjà persuadé que le son serait à la hauteur de l’image, mais on est soulagé dès la première minute de Mollie, morceau d’ouverture de Bloods, Looms and Blooms, superbe instrumental qui confronte les sabres aiguisés de M83 et Amon Tobin dans un déluge de beauté. Les deux singles annonciateurs tirés de ce disque tant attendu promettaient quelque chose de grand: les orchestrations métalliques de Mettle appuyées par les guitares d’Andy Cox et Justin Percival prouvent qu’il n’y a qu’un pas entre le splendide et le malsain. Et lorsque Martina Topley-Bird chante sur Deflect, l’un des sommets de l’album, elle écrit avec Leïla Arab une page du futur de la pop music, avec une plume soyeuse au bout très pointu.

La carrière de cette iranienne démarre réellement lors de sa rencontre avec Björk, qu’elle suit partout et de qui elle devient la meilleure élève. Sachant cela, on peut effectivement trouver quelques similitudes avec la célèbre islandaise : une occupation de l’espace sonore bien ajustée, tantôt minimale, tantôt saturée, une discrétion chérubine et un épais halo de mystère qui l’entoure, comme la plupart des artistes féminines qui sortent des sentiers battus. Depuis ses débuts discographiques, Leïla a attiré les oreilles des curieux, en a repoussé pas mal aussi, à cause du caractère expérimental de Like Weather, sorti sur Rephlex (label d’Aphex Twin pour ceux qui viennent d’arriver) ou de Courtesy of Choice, un poil moins exigeant et sorti sur la structure plus hétéroclite XL Recordings.

Bloods, Looms and Blooms est donc moins nuageux que ses aïeuls, et reste accessible malgré quelques dérives expérimentales. Terry Hall, leader des Specials, installe sa voix confortable sur l’instru ludique de Time to Blow. Leïla aime définitivement faire de la pédophilie musicale : comme en face B du maxi Deflect, une voix d’à peine dix ans remporte la palme du slam le plus mignon sur Little Acorns. D’autres magnifiques voix viennent étoffer les étranges compositions : Roya Arab, la voix presque mythique du premier album d’Archive, le choriste molletonné Luca Santucci et Donna Paul, déjà tous les deux en featuring depuis le premier album de la princesse, Seaming To, qui a collaboré avec Homelife ou The Herbaliser, plus d’autres musiciens.

Leïla construit des berceuses à sa façon, comme Lush Dolphins, Ur Train ou Carplos mais c’est l’effet inverse qui prend le dessus: pas envie de dormir, mais le désir de rester éveillé jusqu’au bout… Pas besoin de s’appeler Nostradamus pour prédire que quoi qu’il arrive, ce disque restera dans le top ten de 2008!

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