Squarepusher – Just A Souvenir

Squarepusher – Just A Souvenir

Squarepusher - Just A Souvenir - Warp Records

Si on considère qu’un grand artiste se reconnaît au fait que l’on devine qu’un morceau est de lui avant qu’on ait le temps d’avaler notre salive, Squarepusher a rejoint depuis longtemps cette cour très privée. Ce qui est fou avec Tom Jenkinson, c’est qu’on se prend un uppercut à chacune de ses sorties. Et onze coups dans la mâchoire, ça commence à faire mal, d’autant plus que le caractère pointu et inédit de ses productions se renforce crescendo. Trop rare en concert et en interview, Tom se donne malgré lui l’apparence d’un geek, tout en étant considéré comme l’un des meilleurs bassistes au monde selon quelques spécialistes, si bien que des personnalités comme Thom Yorke, Brian Eno ou Andre 3000 se mettent à genoux devant lui et n’hésiteraient pas à vendre leur mère pour décrocher un featuring. Le radieux track d’intro Star Time 2 aurait pu être composé il y a 10 ans et annonce que Just A Souvenir sonnera plus rétro que le précédent Hello Everything, même si l’esprit est là.

La composition sur des coups de tête semble être son fort puisque la genèse de l’album s’est déclenchée immédiatement après qu’il se soit imaginé le concert d’un groupe imaginaire jouant son album. Ce qui vous attend, c’est quatorze titres en trois quart d’heure, un vrai concentré d’efficacité! Personne d’autre n’aurait pu écrire The Coathanger avec ses voix robotiques, sa ligne de basse qui prend vie et sa mélodie jazzy futuriste. Squarepusher se sert de son instrument comme d’une troisième main et en fait absolument ce qu’il veut, sans s’arrêter de tourner les boutons de ses machines. On le découvre dans sa facette la plus kitsch avec A Real Woman qui ressemble à un générique de série sci-fi complètement barrée. La machine s’emballe sur Delta-V, où la basse se fait de plus en plus électrique et massive, rejoignant ses premiers amours punk et drum’n’bass. On se sent devenir fou sur la rythmique rapide et foutraque de Potential Govaner, puis sur Planet Gear qui fait le contraste entre douceur et agressivité, comme si un papillon volait dangereusement bas au dessus d’un lac infesté de crocodiles. Tensor in Green figurera peut être un jour sur une BO pour quelque délire malsain et hanté de Tim Burton. On a beaucoup plus de mal à se concentrer sur le méchant Glass Road, et on est plutôt satisfait d’entendre trois titres de jazz expérimental downtempo pour clôturer cette nouvelle aventure au pays du génie Squarepusher…

Jusqu’où ira t’il?

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