The Delano Orchestra – Will Anyone Else Leave Me?

The Delano Orchestra – Will Anyone Else Leave Me?

The Delano Orchestra - Will Anyone Else Leave Me? - Kütu Folk Records

Sur le sticker promo collé sur leurs albums, on peut lire Sigur Ròs ou Sparklehorse avec un filet de bave sur le coin de la lèvre. Plutôt flatteur pour un groupe émergeant qui sort de sa campagne clermontoise en faisant parler de lui (en bien) via la presse musicale au sens large. Ils ont d’autant plus de mérite qu’ils ne citent pas du tout ces groupes comme influences majeures, et parviennent à insuffler du rock dans le folk et implanter des atmosphères affectives qui se développent crescendo. L’été 2005 voit naître ce groupe qui enregistre un album l’année suivante dans une boucherie désaffectée. Le disque sort chez le label bordelais Alienor Records, ne sent pas le gras de jambon, ni le saucisson de cheval, mais donne plutôt l’impression qu’ils ont enfanté cet album nus entre un volcan et un lac de leur nature auvergnate au premier jour du printemps. Ainsi les médias spécialisés mettront très vite leur gros doigt sur le tendre A Little Girl, A Little Boy & All The Snails They Have Drawn. Un morceau sort du lot, Frozen lake, une ascension frissonnante qui est toujours aujourd’hui l’hymne de ces cinq musiciens (batterie, basse, clavier, guitare, trompette) qui en invitent d’autres au fil des dates, un piano par ci, un violoncelle par là.

Sur ce nouvel opus, Alexandre Delano chuchote moins, mais sa voix s’immisce toujours au plus profond des arrangements comme si vous iriez verser un verre d’eau tiède dans un ruisseau, pour jouer le rôle d’instrument au même titre que la guitare et les claviers. La bande fait maintenant partie intégrante du courant que l’on appelle communément post-folk, une définition presque inventée pour eux, qui prend son sens sur l’émouvant Something is Gone qui se retient d’exploser, ou sur la fable rock Endless night. Les huit minutes de The Escape encadrent un long moment de poésie par des envolées instrumentales fort bienvenues. Des ambiances intimistes, des textes relativement mélancoliques, un charisme instrumental dont la puissance et la faiblesse semblent aléatoires, construisent cette personnalité musicale, complémentaire avec le caractère artistique du label qui propose de superbes pochettes personnalisées et cousues à la maison. Pour les moins réceptifs à ce genre de son, une seconde écoute est indispensable pour apprécier toutes les nuances entre les morceaux et s’approprier des mélodies au fur et à mesure, en passant par Sunday 2am qui assène une piqûre tranquillisante dans la fesse droite en succédant à Everyting is Done, mélange entre la finesse instrumentale d’Archive et un lâcher d’émotions d’un canadair piloté par Sébastien Schuller. Until I Die est certainement le morceau le plus joyeux du disque, avec son rythme 4×4 qu’on pourrait presque incruster dans un set techno, et une happy-end où cette liesse se refile à l’auditeur comme la crève en hiver… Superbe.

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