Krazy Baldhead – The B Suite

Krazy Baldhead – The B Suite

Krazy Baldhead - The B Suite - Ed Banger Records

Krazy Baldhead est sans doute l’un des artistes les plus masqués et moins médiatisés du crew Ed Banger. Il s’affranchit de toutes les étiquettes fluos qui collent au label et prend le temps de construire un son aussi fat que le reste des références de la maison, en ne copiant personne sauf lui. Percussionniste et jazzman d’origine, il se tourne vers un hip-hop déstructuré après 10 ans de conservatoire, va savoir pourquoi, et se fait attraper par Pedro Winter qui a vu en sa maquette une manière de garnir son label avec un nouvel artiste aux griffes pointues. Son premier EP, Bill’s Break, est donc la quatrième référence de la maison et propose des remixes de Para One et Feadz. Dans les cinq années suivantes, seulement 3 maxis sortiront, et heureusement qu’on préfère la qualité à la quantité. Son style passe-partout lui vaut d’être sollicité par des groupes un peu hybrides comme dDamage, Sayem, Aufgang ou Pivot. Pierre-Antoine Grison est sans doute l’un des seuls de son label à ne pas être DJ. Il se produit uniquement live, discret derrière son laptop, mais ne se gêne pas pour envoyer la purée et ainsi répondre aux attentes de son public avec des sets non préparés et rythmé par des phases d’improvisation.

The B-Suite est splitté en quatre mouvements qui évoluent crescendo autour d’un thème, se muent, s’assèchent, et s’intensifient pour ressembler à un vrai morphing musical. Krazy Baldhead prétend être influencé par les Chemical Brothers, A Tribe Called Quest ou Prefuse 73. L’attirance pour ce dernier est nette sur le premier mouvement, une tranquille ballade abstract hip-hop incisive. La cabine se pressurise dès la Part.3 jusqu’à prendre sa forme mutante sur une Part.4 complètement déstructurée et aussi massive qu’un bon track d’edIT. Son penchant biographique pour le free jazz et les rythmes syncopés se révèle sur le second mouvement, qui prend d’abord de faux airs grime mis à l’amende par une clarinette en mal d’affection. Puis le beat se régularise, une basse apparaît sur la Part.2, vite rattrapée par la fraîcheur urbaine du rappeur Tes (Lex Records) qui prend les commandes. Comme d’habitude, les battements s’accélèrent sur la quatrième partie qui s’apparente souvent à un freestyle maîtrisé. Les éléments de base se chevauchent, se télescopent et transforme un morceau expérimental en animosité dancefloor! Le troisième mouvement comporte lui aussi son lot d’invités bien sélectionnés : il démarre sur du hip-hop US bien en chair avec Big-O et Mlle Yulia, puis comme pour ajouter un nuage de lait dans ce café bien corsé, le chanteur d’Outlines débarque et s’amuse à changer tout ce qu’il touche en soul sexy, en l’occurrence le morceau Sweet Night, premier single extrait de l’album, pas forcément représentatif mais plus accessible que le reste. Le quatrième mouvement se divise en cinq parties plus brutes et finit en apothéose sur le jazz barré The End avec le décidément très sollicité Beat Assaillant.

Un album riche et passionnant qui restera quoiqu’il arrive dans le top ten de 2009!

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