DJ Food – One Man’s Weird is Another Man’s World

DJ Food – One Man’s Weird is Another Man’s World

DJ Food - One Man's Weird is Another Man's World - Ninja Tune

Les premiers pas du grand Ninja Tune qu’on connaît aujourd’hui ont laissé des traces dont la profondeur doit beaucoup aux Jazz Breaks, première série d’albums de DJ Food, qui sont au sampling ce que Dijon est à la Moutarde. Après quelques albums pivots, le producteur se fait remarquer derrière les MK2 aux côtés de DK, à travers des sets ultra éclectiques et très techniques dont la conséquence directe est de rendre heureux n’importe quel dancefloor, sans jamais tomber dans le cliché du bootleg ou de la démonstration de scratch. Ca faisait donc quelques temps qu’on attendait de ses nouvelles sur disque, et One Man’s Weird is Another Man’s World est le premier (gros) maxi d’une trilogie annonciatrice d’un album prévu au printemps prochain.

Nathaniel Pearn, moitié du duo Broken Keys chante sur The Illectric Hoax, définitivement l’alien rock de l’album, un anthem crade et rétro entre Jimi Hendrix Experience et Electric Light Orchestra. Extract for Stolen Moments, co-écrit avec PC, devait à la base figurer sur l’album Kaléïdoscope. Apparemment, Food y tenait puisqu’il le remet au goût du jour pour l’occasion, avec ces extraits de film bien sentis sur une mélodie au piano énigmatique. Sur All Covered in Darkness, le bel organe de Ken Nordine, figure du jazz des années 50, s’occupe de dessiner une drôle d’ambiance à coups de couplets inquiétants, qui débouchent sur un refrain inopiné, un truc folklorique et bordélique cette fois chanté par les Dragons. Un morceau que l’on a du mal à cerner par ses variations de tempo mais qui n’étonne pas quand on sait de quoi est capable le personnage. Colours Beyond Colours est une autre interlude ambient sci-fi profonde qui précède A Trick of the Ear, 13 minutes de downtempo progressif sur lesquelles viennent se greffer une ribambelle d’éléments. Mixé par l’ex-Tortoise Bundy K Brown, le track oscille entre free jazz et afro beat, en restant continuellement très percussif, complexe mais pas chiant. On retrouve ce dernier au remix du morceau Tricky Little Ears qui continue à jouer avec la stéréo et les collisions tribales. Il clôture cet EP qui, exactement comme sa superbe pochette, laisse une impression de brouillon à la première écoute et se transforme enfin en un bordel bien rangé lorsque l’on prête attention à chaque détail.

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