Juice Aleem – Jerusalaam Come

Juice Aleem – Jerusalaam Come

Juice Aleem - Jerusalaam Come - Big Dada

A force de bosser pour les autres, on aurait pu penser que Juice Aleem soit à court d’idées et à bout de souffle pour se lancer dans la production d’un album. Après quelques apparitions auprès d’Evil Nine ou des ninjas Hexstatic et Coldcut, la voix des groupes New Flesh et Gamma se lance légitimement dans un album solo pour pouvoir s’exprimer à 100%, ou presque. Effectivement, celui qui est considéré comme l’un des meilleurs rappeurs d’outre-manche quémande les services du producteur Blackitude à travers 14 titres qui reflètent la personnalité d’un MC sans limite, fidèle aux traditions d’un hip-hop qui ne se borne pas aux trottoirs de sa rue, se mélangeant avec tous les styles urbains pour accueillir son flow caractéristique. D’entrée, il affiche sa singularité de toaster sur First Lesson, en le modulant parfaitement sur cette instru basique typiquement Big Dada où seules trois cordes de la basse sont sèchement sollicitées, au même titre que cette trompette et ce synthé dubby. Entre parenthèses, ce premier titre est aussi le premier single issu de Jerusalaam Come, qui affiche de jolis noms, tels que Evil Nine pour un excellent remix electrotek ou Rude Kid dans un exercice dubstep assassin (A La Fu et Shadowless sont aussi de la partie).

Straight Out Of BC semble avoir été piqué sur le disque dur de Roots Manuva, et comme ce dernier, Juice Aleem va voir ailleurs de titre en titre, à en croire cette ligne de basse profondément dub sur The Fallen. Trois titres, trois directions, ça commence bien. La leçon continue avec Who is He, et l’artiste a décidemment plein de choses intelligentes à dire pour les condenser de cette manière dans son flow supersonique, épaulé ici par Blackitude et Tomz histoire d’avoir l’occasion de respirer un peu entre deux couplets… L’efficacité des tracks est en partie multipliée grâce à leur durée, qui n’excède pas 4min30s, ce qui est somme toute suffisant pour apprécier des instrus de jeu vidéo comme le grimey Rock My Hologram (produit par Si Begg), qui peut néanmoins lasser par sa basicité, ou d’autres morceaux plus riches qui viendront combler ces arrangements squelettiques comme le très fat You Shut The ____ Up ou l’inquiétant et vaporeux The killer’s Tears. Secondé par la chanteuse Afua, il donne ensuite sa vision du R’n B érotique avec 4Mi, puis passe par une petite session d’humour soulful sur Church of Rock, avant de poser son flux de paroles sur le tapis de velours instrumental du bien nommé Blues Rock Party. On retiendra également le son afro aussi tribal que minimal de Higher Higher, puis ce bonus track, Tings Get Heat Up qu’on croirait produit par Autechre il y a 10 ans!

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