Hudson Mohawke – Butter

Hudson Mohawke – Butter

Hudson Mohawke - Butter - Warp Records

On avait pris un bon coup de pied au cul avec le premier EP de Hudson Mohawke sorti avant l’été et drôlement intitulé Polyfolk Dance. D’ailleurs, j’ai encore la trace de la chaussure sur la fesse droite. Avec même pas 20 minutes de démo, il a conquis le coeur d’un large panel d’artistes qui semblent tous retrouver une part d’eux-mêmes dans ces sonorités inédites : Rihanna, Goldie, Mars Volta ou Crookers sont tombés sous le charme de ce mélange d’influences entre dance des années 90, pop music moderne, hip hop massif et electronica. Ce jeune homme (tout juste 23 ans) continue de tirer profit de ses dons innés (voir la review du Polyfolk Dance EP dans ces pages pour en savoir plus) avec un premier essai sur la longueur dont le côté ensoleillé contraste avec la froideur de son Glasgow natal. Même s’il aurait pu faire un effort sur la pochette, dont la kitscherie laisse penser à un disque-hommage au colon de Johnny Hallyday, ce jeune génie écrit un nouveau volume de l’encyclopedia electronica, déjà bien remplie par ses confrères de Warp Records.

Avec ses airs de musique de jeu vidéo hanté et son solo grinçant de guitare électrique, Shower Melody prévient l’auditoire qu’une épopée mélodique et expérimentale l’attend pendant ces 18 titres. Gluetooth est représentatif de sa maîtrise du cut’n paste vocal, étouffé par de grosses basses salvatrices. Ses partitions sont tellement imprévisibles que même son laptop doit péter un plomb, comme sur 3.30 et ses cris de châtons digitaux coupés au cutter (les cris, pas les châtons). On ne dépasse que très rarement les 4 minutes, l’essentiel du morceau étant condensé pour mieux percuter, comme sur Fruit Touch, où l’on imagine une fanfare de jouets qui avance sur le trottoir en improvisant avec leurs instruments en plastique, le flagrant délit d’abus de claviers sur Zoo00OOm ou Velvet Peel, le genre de délires paradisiaques du premier EP. Sur le maxi, toutes ces informations passaient très bien, mais les 18 titres écoutés d’affilée pourront se révéler indigeste pour les oreilles non averties.La première écoute s’avère difficile, mais chaque morceau par échantillonnage est une expérience à lui seul. Devant Rising 5 ou FUSE, Timbaland peut y trouver une sévère concurrence, avec ces airs disco et ces beats qui claquent qui ne demandent qu’à accueillir le flow d’un rappeur superstar. HudMo fait justement appel à quelques guests, comme l’américain Olivier Daysoul qui envoie un flow aussi frais que celui d’André 3000, sur le dynamique Just Decided et le rêveur et sucré Joy Fantastic. Sa compatriote écossaise Nasdroic coopère sur le morceau le plus étrange Allhot et la sensation Dâm-Funk met également son grain de soul sur Butter, un album qu’on apprend à aimer, pour y découvrir au fur et à mesure tous les micros détails qui en font sa particularité!

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