Blockhead – The Music Scene

Blockhead – The Music Scene

Blockhead - The Music Scene - Ninja Tune

Qu’y a t’il encore à inventer en abstract hip-hop ? Tony Simon prend le pari avec ce troisième opus instrumental, cousu entre quelques pulls et écharpes pour des albums d’Aesop Rock ou DJ Signify. The Music Scene est même un petit défi personnel, puisque le new yorkais change de méthode. La différence fondamentale est qu’il s’est mis à Ableton plutôt que de tenter de broder quelque chose de cohérent autour d’un beat, ce qu’il fait d’ailleurs très bien. Nouvelle façon de travailler, certes, mais le côté émotif n’a pas disparu. Pas de morceau de la carrure de Insomniac Olympics à l’horizon, néanmoins le travail sur la richesse des mélodies est assez conséquent. Ici, chaque titre passe par plusieurs phases, s’égare parfois au risque de semer son auditeur. Cette caractéristique donnera envie aux feignasses de lâcher l’affaire, et aux plus curieux de multiplier les écoutes pour pouvoir anticiper chaque virage et garder un certain confort de route pour la suite.

La petite flûtine de It’s Raining Clouds est un parfait pot d’accueil. Des mélodies s’entremêlent, des boucles ne font que passer, et on commence calmement pour terminer presque drum’n bass ! C’est au moins du 3 morceaux en 1 … Only Sequences Changes rappelle la vague lounge, à la différence près qu’une sensibilité hip hop poussiéreuse s’en dégage. Le titre éponyme The Music Scene fait penser aux travaux de Thievery Corporation, et côté comparaisons Attack The Doctor est aussi sec qu’enjoué façon Nightmares on Wax, jusqu’à ce que ces samples folkloriques fassent leur apparition. Basé sur l’enregistrement d’un débat de junkies, The Daily Routine est une sale expérience rock, un espèce de Jimi Hendrix featuring RZA avant de se transformer en breakbeat jazzy pas moins malsain pour autant.
Le funk old school de Tricky Turtle dévie contre toute attente sur une musique du Sahara, et Four Walls est une caricature volontaire de l’auto-tune. Les samples se nouent entre eux comme dans un plat de spaghettis bolo et Blockhead sait passer intelligemment du coq à l’âne, comme sur Hell Camp, d’abord délicieuse pièce au piano qui plonge ensuite à l’intérieur d’un orgue hanté…

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