Interview: Sam Ostyn

Interview: Sam Ostyn

Sam Ostyn

Après le track « Inexpressible » paru sur Traction ( Chrome Resident EP ), Sam et Trish sont revenus de plus belle avec « Open Window EP ». Nous avons déjà pu l’aperçevoir à l’I Love Techno, au Fuse, au Silo, à la City Parade, tout récemment à une Teknights et prochainement il jouera à la « N.E.M.O. On The Ground Adventures » aux cotés de Trish, mais aussi à la Flexy Night aux cotés de DJ Preach. Il fait partie de cette génération de jeunes DJ et producteurs belges en train de percer, c’est pourquoi nous aurions voulu en savoir davantage a ton sujet!

Fuel: Salut Sam et merci d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions. Quels sont les courants musicaux qui t’ont marqué? Quels artistes?
Sam Ostyn: J’ai toujours aimé différents styles de musique. Mon père avait une incroyable collection de vinyls, dont beaucoup d’albums sur Motown. Ce fût ma première rencontre avec Marvin Gaye, Stevie Wonder, Smokey Robinson, mais aussi avec des artistes comme Neil Young et Roy Orbison. La deuxième fois que de la musique m’a vraiment marqué, des années plus tard, c’est quand j’écoutais Radiohead, The Smiths, Jeff Buckley: des artistes dotés d’un énorme talent que j’écoute encore chaque jour. Ce n’est jamais un style de musique qui m’accroche. Que se soit Chet Baker, Autechre, Neil Young, Direct Beat Assasins ou Vincent Gallo… la musique ne connait pas de frontières.

Fuel: Quand as-tu découvert la techno?
Sam Ostyn: au début 1995 avec les maxis sur Axis, UR, Transmat,… J’aimais beaucoup le groove et les mélodies dans la musique de Détroit (Derrick May, Carl Craig, Kenny Larkin, Stacey Pullen,…). Les sons synthétiques ont l’air de venir d’un autre monde mais avec une chaleure humaine incomparable. Cependant, j’aime également beaucoup d’autres styles en techno: Technasia, Dan Curtin, Joris Voorn, Vince Watson, Deetron et beaucoup d’autres sont toujours présents dans mes sets et j’ai beaucoup de respect pour ce genre de producteurs.

Fuel: A quel âge as-tu voulu devenir DJ? Quelles ont été tes influences?
Sam Ostyn: j’ai toujours voulu faire quelque chose en rapport avec la musique mais ce n’est que vers mes 16 ans que j’ai su que je voulais être DJ. Des personnes comme Carl Craig, Stacey Pullen et Trish m’ont fait découvrir à faire danser les gens et les emmener vers un autre monde où, pendant un instant, ils peuvent oublier tous leurs soucis. Certaines personnes trouvent que la techno n’a pas de valeur musicale mais comme dans tout les styles de musique, il y a du bon dans tout les coins, à condition d’aller chercher dans ces coins! Il y a beaucoup d’émotion dans la techno et le public et ces émotions resteront toujours mes plus grandes influences en tant que DJ.

Fuel: Dans quelles soirées as-tu fait tes premières apparitions? Quel souvenir en gardes-tu?
Sam Ostyn: La première fois c’était dans l’émission radio « Il Silencio » de Tomaz. Je lui avais donné un mixtape et il m’a invité à venir jouer quelques semaines après. Un ami faisait des petites soirées à Malines de temps en temps, auxquelles il me demandait de participer. J’ai par la suite rencontré Trish à une soirée où l’on jouait ensemble, et notre collaboration est née ce jour là. J’ai eu la chance de faire beaucoup de rencontres durant ces années, de passer de très bonnes soirées et j’en garde de merveilleux souvenirs.

Sam OstynFuel: Lorsque tu entends un DJ jouer un de tes morceaux, quelles sensations éprouves-tu?
Sam Ostyn: Au début c’est bizarre. C’était toujours Trish qui jouait nos morceaux pour faire un test. Les réactions étaient toujours très bonnes mais on était pas toujours vraiment satisfaits du son. Alors, on continuait à travailler pour refaire un test la semaine après. Maintenant il y a Angel Molina, Carl Craig et Derrick May qui jouent notre dernier single et je dois encore un peu me faire une idée de tout ça. On doit y s’habituer au fait que les gens dont on jouait des disques jouent maintenant nos morceaux. Je considère tout ça comme un honneur et ça me donne encore plus de motivation à continuer.

Fuel: Pensais-tu en arriver là?
Sam Ostyn: Pas vraiment non. J’y avais pensé mais je savais que j’allais devoir travailler dur et avoir beaucoup de chance. Car l’aspect « chance » est un des plus grands éléments dans la carrière de tout le monde. Le talent et la perséverence sont les autres élements nécessaires mais il faut être au bon moment au bon endroit. En plus, le « talent » est subjectif car chacun a des goûts différents. Une même personne peut aimer des DJ sets sans aimer mes productions, et vice-versa. La seule chose que je peux faire est de suivre mes émotions et espérer que certaines personnes peuvent s’y retrouver.

Fuel: Quelles ont été tes méthodes de travail?
Sam Ostyn: En studio, on a pas vraiment une méthode fixe. Parfois, on commence avec uniquement les synthés et les mélodies. Une autre fois on arrange tout autour d’un groove. Après une ré-écoute on entend quels éléments sont forts et ceux que l’on doit remplacer ou éditer. Le mixage vient quand on a mis à point la structure pour après terminer avec le mastering.

Fuel: Depuis combien de temps composes-tu? Comment travaillez-vous à deux?
Sam Ostyn: J’ai commencé à composer lorsque j’avais 18 ans. Mon studio consistait d’un clavier maître, un AKAI S3000Xl , Juno 106, JD800, MMT-8, une table Mackie 24 pistes et quelques effets. Travailler à deux en studio n’est pas toujours facile. Il faut être sur la même longueur d’onde mais avec Trish, tout vient toujours très naturellement. On n’a jamais besoin de beaucoup de mots pour se comprendre, ce qui facilite beaucoup la tâche!

Fuel: Quelles sont tes inspirations?
Sam Ostyn: L’inspiration peut venir d’une image, d’une émotion ou de la musique que j’entends autre part. Une basse de Johnny Mar peut me donner une idée tout comme un état d’esprit pendant que je vois un film. Pour les trucs dancefloor la plus grande inspiration sont les sorties. J’écoute toujours attentivement les éléments différents de chaque morceau qui passe que j’aime bien. Ca limite parfois la communication avec d’autres personnes pendant ces soirées mais c’est plus fort que moi (rires…)

Fuel: Comment décris-tu un bon track, une « bombe »?
Sam Ostyn: Personnellement un bon track doit avoir des sons deep et funky et une mélodie incroyable. Elle doit aussi avoir une énergie universelle qui attire l’attention du public sans avoir l’air d’être conçue uniquement pour cette raison. L’integrité est le mot clé pour tout les classiques.

Fuel: Quels sont tes projets? Les sorties à venir? En solo? ou toujours en duo avec Trish?
Sam Ostyn: Je continuerai à sortir des disques avec Trish et ça restera sans doute ma priorité dans le futur. Des plans concrets pour un nouveau maxi sont déjà là mais je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Durant mon temps libre, je vais me concentrer aussi un peu sur des projets solo sans toujours produire de la techno. J’aimerais bien explorer d’autres genres au cours des années.

Fuel: Quel est ton plus grand rêve en tant que DJ?
Sam Ostyn: C’est d’avoir la possibilité de visiter beaucoup de pays et d’autres cultures.

Fuel: Ton meilleur souvenir en tant que DJ? Le meilleur public que tu as rencontré?
Sam Ostyn: Le meilleur souvenir doit être le Fuse. Le public est incroyable, et l’équipe tout comme les résidents sont très sympas. Après toutes ces années ils sont toujours imbattables, même si la techno est devenu un peu mainstream en général.

Fuel: Quels sont les événements où tu aimerais te produire?
Sam Ostyn: DEMF à Detroit, Womb à Tokyo, Razzmatazz et Nitsa à Barcelone, Rex Club à Paris, The End,… la liste est longue.

Fuel: Un conseil que tu pourrais donner aux jeunes DJ?
Sam Ostyn: Ne jamais faire quelque chose pour le « statut », l’argent ou l’attention de l’autre sexe. Ceux qui s’occupent de ça n’arriveront jamais loin. Pour les autres… tout est possible quand on croit en soi-même. Ne vous laissez jamais dire le contraire par qui que ce soit.

Fuel: Pour terminer, aurais-tu une info croustillante, une exclusivité a nous révéler?
Sam Ostyn: ce ne serait plus une exclusivité si je vous le révélais (rires…) Keep your eyes and ears open!

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