Various Artists – FabricLive.39: DJ Yoda

Various Artists – FabricLive.39: DJ Yoda

Various Artists - FabricLive 39 DJ Yoda - Fabric Records

Pot-pourri, fourre-tout, copier-coller… Utilisez le mot composé que vous voulez pour qualifier ce genre de set foutraque qui s’est banalisé ces dernières années. On pourrait tout simplement soupirer « Et encore un… », mais on se laisse malgré nous prendre au jeu par ces DJ intelligents qui n’ont pas peur de fracasser les murs entre les genres. Même si les 2 Many DJ’s, Spank Rock (sur cette même série Fabric) ou DJ Food & DK l’ont déjà fait, ces sets pour le moins éclectiques ont toujours le don de s’accaparer notre attention pendant une heure. Le Londonien DJ Yoda (pseudo dû à la figurine qui squattait ses premières platines) n’est pourtant pas nouveau dans l’exercice.

Né dans un environnement musical, avec un père manager d’Eddy Grant et d’Eurythmics, et une mère qui travaillait pour plusieurs producteurs, la chambre de Duncan Beiny lui servait non seulement de niche où dormir mais aussi d’espace de stockage pour les vinyles de son père. Autant dire qu’il n’avait pas le choix! Difficile d’imaginer la tête de son paternel quand il trouva ses disques pop défoncés par les scratches de son innocent fiston de 15 ans… DJ Yoda sortit vite fait bien fait de l’ombre avec des mixtapes officieuses et officielles qui prônent l’art du cut’n paste (How To Cut And Paste sur Antidote Records). Tiens c’est curieux, le scratcheur fou emprunte un chemin analogue à son homologue japonais Kentaro en se mettant à la production en invitant Biz Markie ou les Jungle Brothers sur The Amazing Adventures Of DJ Yoda, avec une volonté exponentielle de faire des trucs dingues, comme ce concerto pour platines, créé par un compositeur de musique classique, qu’il a coordonné avec un orchestre de 40 « musiciens » !

DJ Yoda est donc un de ceux pour qui « le hip-hop, c’était mieux avant, au début des 90s », mais aussi pour qui être DJ hip-hop, c’est être polyvalent. Des thèmes de dessins animés aux chansons religieuses, il alimente ses mixtapes avec tout ce qu’il trouve, comme s’il ne s’arrêtait pas de jeter du bois mort dans une chaudière sur le point d’exploser. Enregistré live au mythique club Fabric, voici une prestation représentative d’un DJ Yoda en fusion, capable de surprendre un clubber à tout moment. Sur ce set, tu danseras… Ok, elle est facile, mais comment résister à ce patchwork qui saisit ces plaques vieilles, lourdes, neuves, légères, dans un gros bordel assez kiffant. Le Jedi des platines enchaîne sans complexe le twist kitsch et vieillot des Violent Femmes avec un track de Skibadee, le rap fat d’Ice Cube avec le funk en avance rapide de Ghost, le modern jazz de Jurassic 5 avec la reprise orchestrale de Sexual Healing par The Hot 8 Brass Band, les cloches de Jean-Jacques Perry avec un Chemical Brothers, la pop cul-cul de The Coral scratchée de façon abusive, les fous brésiliens de Bonde Do Role, la mignonne Minnie Ripperton additionnée d’un beat peu scrupuleux, le génial classique drum’n bass Circles d’Adam F ou Super Sharp Shooter de Zinc, pour terminer, UK oblige, sur une note grime.

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