Interview: Tambour Battant

Interview: Tambour Battant

Tambour Battant

Tambour Battant: Ben et Nico n’auraient pas pu mieux choisir leur nom. Tous deux batteurs de formation, les lignes percussives déterminent leur sphère musicale, un cordon sanitaire à l’intérieur duquel tout est aujourd’hui aménageable. Ayant goûté à l’énergie de RATM, à l’expérimentation de Sonic Youth et du jazz, à l’hédonisme de Daft Punk (période Da Funk / Rollin’ & Scratchin’) et aux boomers du hip hop, c’est en free partie que ces deux amis de lycée ont intégré la révolution des machines. Tambour Battant s’épanouit ici dans une forme plurielle de Breakbeats. « The Missing Link » fait la synthèse de quatre années de lives : en 17 morceaux, Tambour Battant sort donc des figures de style qu’impose « une Drum & Bass trop puriste », en conservant le meilleur de son efficacité et de sa rythmique frontale.
Musiciens touche-à-tout (guitare, claviers,…), créateurs de FX Music (une structure de music design), aux manettes de plusieurs projets vocaux ou hip hop plus traditionnel, le duo ne met pas tous ses BB dans le même berceau, et signe un album intéressant, artisanal, dynamique et contemporain, annonciateur d’une transition de parcours.

TheClubbing.com: Votre album The Missing Link navigue sur des courants breakbeat, hip-hop, reggae, drum’n bass, avec de fortes influences british. Que représente ce pays pour vous, musicalement parlant?
Tambour Battant: C’est le pays des mélanges musicaux, qui casse les barrières entre blancs et noirs, ils ont su créer ensemble des styles hybrides tels que le ska, la drum’n bass ou encore le dubstep, réels fusions de la black music jamaïcaine et du punk ou autre electro british… Ils sont à l’origine de bien nombres de mouvements électroniques… On ne peut que le respecter.

TheClubbing.com: Quelles sont vos autres sources d’influence?
Tambour Battant: Elles sont très diverses, on puise autant dans le hip-hop que le rock en passant par le jazz, l’électro, le break… On écoute vraiment de tout!

TheClubbing.com: Selon vous, quel est le petit quelque chose qui révèle votre nationalité sur ce disque?
Tambour Battant: Mis à part les deux tracks chantés en français, je pense que l’on peut reconnaître un son particulier qui sort des schémas anglo-saxons ainsi qu’une manière d’aborder les morceaux qui nous est propre… On essaye de se démarquer tout en assumant notre coté « frenchy ».

TheClubbing.com: A l’instar de l’Angleterre où elle est très médiatisée, pensez vous que la drum’n bass française a sa carte à jouer sur la scène électronique? Comment voyez-vous l’avenir de ce courant? Vous y retrouvez vous?
Tambour Battant: La DnB est toujours présente dans les programmations de club ou de festivals, même si cela a diminué depuis quelques années et que l’on retrouve souvent les mêmes têtes d’affiches étrangères. Alors que dans les bacs (autres que les shops de vinyles…) elle est quasi inexistante et depuis le début! Il y a pleins d’artistes talentueux en France qui n’ont pas été mis en valeur au moment ou il y avait un réel buzz sur cette musique… En France, on n’a pas réussi le pari que l’électro tienne par exemple…. On ne se retrouve plus dans la drum « pure et dure » qui est devenu trop formatée et trop dark… On préfère la fusion des styles et l’éclectisme en proposant une forme plurielle de break beat, sans forcément respecter à la lettre les codes imposés par cette musique…

TheClubbing.com: Comme je disais dans la chronique, The Missing Link est peut-être, comme l’indique son nom, le chaînon manquant entre nous et nos voisins d’outre-manche. Quelle est la véritable signification de ce titre?
Tambour Battant: On peut le voir comme ça, c’est plutôt flatteur. The Missing Link, c’est notre chaînon manquant autour du break beat, cet album est un mélange de choses d’où l’on vient et de choses vers lesquelles on va…

TheClubbing.com: Tambour Battant live, ça ressemble à quoi? (configuration, orientation dancefloor, improvisation,…)
Tambour Battant: En live, on présente un live électro hip hop, on joue avec des ordis et contrôleurs midi, quelques fois accompagnés par l’un de nos MC. Le set est vraiment orienté « dance floor » tout en gardant une bonne part d’improvisation. On voyage à travers le break beat (hip hop, grime, electro, booty, Dnb, dub step….), sans se contenter de rejouer l’album « à l’identique » mais en proposant de nouvelles versions, remixes ou bootlegs…

TheClubbing.com: Vous avez mis le temps à sortir un long format! Qu’est ce qui justifie cette attente?
Tambour Battant: Contrairement à la majorité des groupes électro, on a commencé par la scène, on a tourné pendant longtemps sans même un cd démo! Faire un album est un autre exercice, tu n’es plus dans « l’éphémère » d’un set ou d’une soirée, tu figes ta musique sur un support…. On a voulu prendre notre temps… S’ajoutent à ça des galères avec notre premier label, qui nous ont fait perdre beaucoup de temps.

TheClubbing.com: Il y a beaucoup de collaborations sur The Missing Link. Les avez-vous choisi pour leur talent, par affinité, ou les deux?
Tambour Battant: On peut dire les deux, le talent avant tout mais on ne peux pas travailler sans un vrai feeling, l’ aspect humain est très important pour nous.

TheClubbing.com: On voit des gros noms, comme l’incontournable Jamalski, comment l’avez vous « recruté »?
Tambour Battant: Jamalski nous soutient depuis le début, on a fait pas mal de dates ensemble, il y a un vrai respect mutuel, c’était normal qu’il fasse partie de ce projet… On travaille d’ailleurs sur un track pour son album.

TheClubbing.com: Joli artwork! Qui en est l’auteur?
Tambour Battant: Ghislain Garlin, un ami et graphiste, spécialisé dans le dessin et la 3D, son site: www.patapasteque.com

TheClubbing.com: Parlez nous un peu de votre label Ozore Age.
Tambour Battant: Ozore Age est un label français éclectique et électronique, distribué par Pias. Aujourd’hui incontournable, il compte dans son écurie des artistes comme Mr Aul (turnbalist), Manipulators (dub), Sayag Jazz Machine (jungle jazz), Jamalski (Dnb),… On peut découvrir tous ses artistes lors des soirées résidence au Rex Club, la prochaine (ou l’on joue d’ailleurs ! ) est le 22 octobre.

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