Rubin Steiner – More Weird Hits!

Rubin Steiner – More Weird Hits!

Rubin Steiner - More Weird Hits! - Platinum

Le cinquième album de Rubin Steiner, Weird Hits, Two covers & A Love Song, se voit réédité en digipack deluxe (et c’est vrai qu’il est beau), muni de son ami More Weird Hits, comme s’il n’en avait pas dit assez la première fois. Ce disque bleu affublé de l’étiquette « A crazy compilation of weird groovy remixes, catchy alternative radio edits & incredible unreleased electronic tracks » pourrait nous éviter la partie « description du contenu » de la chronique standard. Presque tout est dans le titre, mais pas la vie du personnage. En 1998, Frédérick Landier était l’un des premiers français à réellement percer la scène nu-jazz (cocorico) avec ses deux premiers opus très justement intitulés Lo-Fi Nu Jazz, et les quelques 45 tours qui les accompagnaient. Il passe alors pour quelqu’un de raffiné, mais ce statut est vite démenti par les albums suivants, Wunderbar Drei et Drum Major!, qu’il utilise comme support pour faire pogoter les fosses des festivals avec son Neue Band. Rubin a toujours su rester en marge d’une quelconque french touch, ce qui fait automatiquement de lui un artiste jamais obsolète. Cette nouvelle sortie est certainement ce qu’il a fait de plus rock’n roll, peut être aussi de plus sex et drugs, mais on n’ira pas vérifier.

Il est vrai que le terme « Weird Hits » est presque un euphémisme: Another Record Story sonne un poil vieillot mais quand on s’approche pour prendre la température, cette énergie exponentielle se révèle incroyablement fraîche. La plupart du temps, ces tubes sont enregistrés en une seule prise, et nous savons tous que ce genre de spontanéité donne un charme supplémentaire à l’album; l’electro-pop synthétique de Take Your Time emprunte sa dynamique à l’electro-tech, Kiss Richard démarre couché sur un synthé cosmique, pour se transformer en hit de crooner. Mais Rubin laisse parfois son micro au grenier. Hope To See You At Total Heaven est un instrumental épique qui n’a rien à envier à Mogwaï, et For Sloy ressemble plus aux dernières productions Warp Records type Pivot. Le groupe transforme le Warm Leatherette de The Normal (ou Grace Jones…) à sa sauce, et le rend méconnaissable avec un break central dopé au breakbeat qui débouche sur une coalition de guitares énervées. La love song Can You (en duo avec madame Douze) reste un peu trop sucrée à mon goût, et A Baby est une jolie ballade folk à la guitare sèche.

Le second CD More Weird Hits est directement décliné du premier, additionné de quatre inédits. 25 Hours A Day (producteur d’Adam Kesher, éditeur de Phoenix et guitariste de la tournée live de Cassius) s’occupe d’une bonne partie des versions alternatives des meilleurs tracks, en proposant des edits qui n’apportent pas grand chose aux originaux. Le musicien électro O.Lamm change 1974.5 en musique de jeu vidéo à partir de 3 ans! Le talent prometteur Hypo, du label Active Suspension (qui héberge déjà Colleen et Sutekh, piliers de Leaf Records) manipule For Sloy (aka Sor Floy) dans un moulinet house chelou au groove qui sort de nulle part. Iologic, fondateur du groupe mélodique Nestor Is Bianca, envoie du post-rock psychédélique, le français Fortune signe la version la plus trance et la plus dancefloor du pack, et on retrouve avec joie nos bidouilleurs des années ’90, Bosco, avec un remix rentre-dedans de Take Your Time pas super original mais bien dans le contexte. Côté unreleased, notre icône s’amuse à copier-coller des morceaux de sa voix sur Faster, puis il y a Black Black Disco, l’échantillon le plus dark qui évoque du John Lord Fonda qu’on aurait passé au ralenti. Avec Love Me Or Leave Me, Rubin assied un robot derrière l’orgue de son église et prouve clairement avec tout ça qu’il ne cherche à rentrer dans aucun moule électro prédéfini!

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