AK-Momo – Return to N.Y.

AK-Momo – Return to N.Y.

AK-Momo - Return to N.Y. - Peacefrog Records

Tout ce qui vient des pays scandinaves a en général, et c’est ma foi paradoxal, le don de réchauffer nos esprits engourdis. La froideur instrumentale des compositions prend la tournure inverse et ferait même fondre la partie visible d’un iceberg. Particularité à souligner, l’album de ce duo suédois ressuscite des machines qui n’ont pas de vintage que le nom, comme l’Optigan, l’Orchestron et surtout le Mellotron, d’abord utilisé par les Beatles, puis Radiohead pour citer quelques références de bon goût. C’est le passionné Mattias Olsson qui prend le contrôle de ces objets qui vont mettre en relief la voix déjà ondoyante d’Ana Karin Von Malmorg, qui garde une main sur les claviers en s’exprimant au micro. Pour vous laisser une image, son timbre se placerait au milieu d’un carrefour où se percuteraient celles de Björk, Emiliana Torrini, Beth Gibbons, et la Alison Goldfrapp des débuts, sans vouloir faire de name-dropping inutile.

Continuons sur la lancée. Première écoute, la douce excentricité vocale de Greasy Spoon fait immédiatement penser à la sensualité dégagée par Coco Rosie, puis sa voix de gamine résonne sur Return To N.Y. comme si elle était la fille cachée de Kate Bush. Du haut de ses petites 35 minutes, l’album prend tout de même le temps de s’écarter d’une pop trop convenue. On a l’impression que Mattias tourne la manivelle pendant qu’Ana Karin chante dans la rue sur le poussiéreux Women To Control et le baroque Your Mother’s Faith. Cold War of the Hearts se la joue piano-bar de sous-sol, et on pense, sans se forcer, à Portishead sur Hollywood qu’on croirait tiré d’une comédie musicale en noir et blanc. Time For The Muse et World Traveller ont autant de charme qu’un vinyle qui craque, par ces imperfections caractérisées par de délicieuses instrumentations volontairement brouillons. C’est la mélodie calfeutrée de Boys and Girls qui pourrait donner des idées à des réalisateurs en manque de son pour une scène de solitude, qui met un point final à cet album lumineux.

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