DJ Hell – Teufelswerk

DJ Hell – Teufelswerk

DJ Hell - Teufelswerk - International Deejay Gigolo Records

Après Josh Wink, et bientôt Laurent Garnier, c’est aujourd’hui DJ Hell qui reprend du service. Si les dinosaures de la techno se mettent tous à ressortir des albums, on va bientôt pouvoir organiser une soirée Jurassic Park. Forcément considéré comme un événement, l’album est inévitablement attendu au carrefour dès qu’il s’agit d’un pionnier du genre. Le problème est que dans tous les cas, il ne serait pas très correct de descendre un mec comme DJ Hell, DJ depuis 1978 qui a tant contribué à développer le mouvement et à faire avancer la musique, en partie avec sa structure International DJ Gigolo Records. Essayons donc d’être honnêtes envers ce Teufelswerk, même si le monsieur n’a pas sorti d’album depuis le NY Muscle de 2003, mais nous a tout de même mis la trique avec son DJ set italo-disco Ellboys en 2007. Helmut Josef Geier de son vrai nom, il était parvenu sans trop de mal à nous mettre l’eau à la bouche avec The Angst, qui reste l’un des meilleurs passages de l’album par sa mélodie mélancolique à la guitare, ses chants célestes et son acidité croissante. Un retour sur maxi qui confirmait que La maison de Hell tient sur des pilotis qu’aucun courant électronique ne pourra ébranler.

C’est d’autant plus solide que son nouvel album se divise en deux cds. D’un côté la nuit avec des morceaux destinés aux clubs, et de l’autre le jour, affecté d’ambiances plus soft. Histoire de démarrer par une surprise, Hell choisit des featurings vocaux que l’on n’aurait pas pu deviner même en étant balèze au Mastermind : Bryan Ferry, chanteur de Roxy Music, dote U Can Dance d’un charisme new-wave qui peut le rendre morceau-clé d’un set. Autrement, c’est le rappeur P.Diddy qui appuie le groove sautillant et les solos synthétiques de l’hybride The DJ. On enfilera un bonnet pour écouter la froideur de Electronic Germany ou Bodyfarm 2, tous deux très Kraftwerk dans l’esprit, mais qui ne font pas le poids avec le grinçant The Disaster qui rappelle drôlement le classique techno Der Klang Der Familie de Dr Motte, ni avec les dix minutes de Wonderland et sa mélodie typiquement germanique. Il faut avouer qu’avec des gars comme Christian Prommer, Peter Kruder, Mijk van Dijk ou Anthony Rother en coup de main au mixage et à la prod, Hell n’a pas choisi ses amis les plus mauvais.

Le premier disque, où chacun des 8 titres prend l’allure d’un futur classique, suffit à affirmer qu’il s’agit peut être là du meilleur album de sa longue carrière. Autant dire que le second cd, c’est que du bonus. Le soleil se lève et Day démarre sur la longue plage d’ambient digital Germania, assez proche des travaux de Vangelis ou Jean-Michel Jarre, puis continue tranquillement, porté par un vent relaxant avec quelques moments forts qui s’appellent Silver Machine ou Nightclubbing, surprenants de la part de Hell. Finalement c’est pas si mal que ça l’Enfer…

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