Larry McDonald – Drumquestra

Larry McDonald – Drumquestra

Larry McDonald - Drumquestra - MCPR Music

Larry McDonald est jamaïcan, donc Larry McDonald fait du reggae. Premier cliché. Larry McDonald a une barbe et des dreadlocks, donc Larry McDonald fait du reggae. Second cliché. On peut aller loin comme ça, sauf que ce musicien exilé aux Etats-Unis a assez d’expérience pour justement ravager ces a priori, musicalement parlant. Ce maître des percussions, dont les mains ont du tapoter djembés et darbouka plus de fois que le pied droit de Zizou sur un ballon, était plutôt un homme de l’ombre au début de sa carrière. Dans les années 70, il est batteur de la pop star Jackie de Shannon et du poète Gill Scott-Heron, et répand en parallèle la bonne parole afro-caribéennes autour de lui. Affichant 40 ans de boutique dans divers groupes reconnus, il est difficile à croire qu’il s’agit là de son premier album ‘solo’. Solo entre guillemets puisqu’aidé par l’autre producteur aux cheveux blancs Sidney Mills et rejoint par des amis dont la plupart des noms ne vous dira pas grand chose, mais dont le talent et la diversité vous parlera. Drumquestra est en fait un groupe réunissant des percussionnistes de renom (pas moins de 9 collaborateurs sur cet album) qui mettent l’accent sur des rythmiques traditionnelles, toutes origines confondues, qu’elles soient cubaines, africaines ou brésiliennes.

On est donc en face d’un album de dub expérimental qui relève le niveau d’un genre déjà ancien qui peine logiquement à se renouveler. Head Over Heels est un morceau de reggae épuré et mélancolique doté d’un refrain qui accroche le lobe d’oreille à l’enceinte dès les premières mesures. C’est bon on est dedans, il n’y a plus qu’à se laisser porter et lui faire confiance pour la suite. Le poète Mutaburaka envoûte son auditoire sur Free Man Free, puissant malgré son aspect un peu caricatural. McDonald nous convie à une croisière métissée avec le radieux Crime or Music et ses influences africaines, No More qui intègre des éléments complètement soul ou l’afro-house Set the Children Free, en collaboration avec la légende Toots, qui rendra jaloux les mecs d’Africanism! Pendant qu’on est sur le dancefloor, DJ Shaza, attitré au label MCPR Music, intervient notamment sur World Party, qui prend une tournure entraînante inattendue et tribale. Avis aux amateurs, il y a là de la matière à surprendre un public en le plaçant habilement dans un de vos sets… Sans se soucier des frontières et d’une quelconque unité reggae, l’artiste s’attaque au ragga hip-hop avec Brotherman et au downtempo ensoleillé avec un Lazy Sunday propice à la sieste sous un cocotier, avant d’être réveillés par un combat sans merci entre onomatopées et percus sur le morceau-titre Drumquestra, track vaudou très rapide et technique. Enregistré en grande partie dans la nature, dans les cavités d’une grotte, près de la mer ou d’oiseaux qui chantent, ce disque surprendra un paquet de monde s’il est écouté avec le sourire et une attention particulière!

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