Interview: Justin Berkovi

Interview: Justin Berkovi

Justin Berkovi

De passage en Belgique pour fêter au Silo les dix ans des soirées Kozzmozz, Justin Berkovi prend le temps de répondre à nos questions en toute simplicité. Un artiste international qui a su garder toute sa simplicité et les pieds sur terre.

TheClubbing.com: D’abord, première question, c’était comment ce soir? Tu es content?
Justin Berkovi: Oui, je suis content, on peut dire que j’aurais pu jouer plus hard comme tout le monde mais je ne voulais pas faire ça ce soir. Ce n’était peut-être pas l’occasion de jouer plus soft mais je m’en fiche, tu dois faire ce dont tu as envie alors voilà, c’était bien comme ça.

TheClubbing.com: Quand est-ce que tu as commencé? Pourquoi as-tu décidé de devenir producteur et pourquoi producteur au lieu de DJ?
Justin Berkovi: J’aimais déjà la techno depuis des années, je mixais des disques dans les années 80, je devais déjà produire en 1992 mais ça m’a quand même pris encore quatre ans jusqu’en 1996 avant que mon premier vinyle ne sorte. Je produis des morceaux depuis 1996-97 mais j’ai l’impression de le faire depuis beaucoup plus longtemps que ça. J’ai choisi d’être producteur parce que, tout simplement, je ne sais pas mixer, j’ai commencé comme ça et on peut dire que ce n’était pas mon truc, j’aurais pu continuer et gagner beaucoup plus d’argent mais je n’étais pas un bon DJ alors non.

TheClubbing.com: Tu viens d’emménager en Australie, pourquoi as-tu fait cela et y a-t-il des grandes différences avec l’Angleterre?
Justin Berkovi: Hé bien, la raison principale c’est pour ma femme, elle est australienne donc c’était un peu le pas logique de la suivre. J’ai habité à Brighton pendant 30 ans environ et c’était horrible; je suis désolé mais je n’aimais pas du tout, c’est trop cher et tout simplement pas chouette d’y habiter. J’avais envie de déménager depuis longtemps en fait, quand tu regardes bien, plein de producteurs sont un peu perdus en ce moment, il y a une grande crise dans le monde de la musique électronique et beaucoup de producteurs ne savent pas ce qu’ils font, par exemple, regarde Luke Slater, j’ai beaucoup de respect pour lui, tu vois, il y a quelques années il a sorti un de ses albums de fou Freek Funk et c’était super et maintenant, il sort un album complètement pop, rien à voir, je le respecte beaucoup parce que c’est un producteur génial mais même… Beaucoup de gens ont quitté Brighton et je pense que j’étais prêt pour faire pareil, pour être avec ma femme bien sûr; j’habite Melbourne maintenant et c’est génial, c’est loin de tout mais c’est fantastique!

TheClubbing.com: Qui t’a inspiré au niveau musical?
Justin Berkovi: Je suppose que ma plus grande inspiration vient de l’électro de Mantronix. Son travail du début était innovateur et incroyablement avancé sur le temps. Après ça, j’ai été complètement immergé dans le Hip-Hop, Big Daddy Kane, MC Shan, Ultramagnetics, EPMD, etc. Par la suite, j’ai laissé le Hip-Hop derrière moi et j’étais plus intéressé par la techno – les sorties du début de Djax Up, Terrace et des trucs de Détroit. J’aime bien le jazz aussi et par exemple, Keith Jarret et Pat Metheny sont mes préférés.

TheClubbing.com: Tes premiers deux albums sont sortis chez Force In Music Network, tu as encore sorti quatre albums depuis chez des labels différents; comment est-ce que tu restes motivé?
Justin Berkovi: Le loyer, savoir payer le loyer (rires) Passions était vraiment chouette à faire, je voulais sortir un album joyeux avec des tracks gaies et entraînantes, je sais que ça m’a pris du temps mais le résultat était bien, je trouve.

Justin BerkoviTheClubbing.com: Tu te souviens de la première boîte où tu as joué?
Justin Berkovi: C’était dans un club à Brighton, le 8 Mai 1998

TheClubbing.com: Tu préfères jouer dans les grands évènements ou plutôt dans les clubs?
Justin Berkovi: C’est difficile à dire, par exemple ici, ce soir, c’est quand même un grand évènement mais c’est bien, il y a une bonne ambiance, de chouettes gens, tout le monde est là pour faire la fête, ça dépend je pense, parfois les grands trucs sont bien organisés, parfois c’est l’horreur, mais pareil pour les boîtes.

TheClubbing.com: Tu as joué à la Nature One cette année; tu as bien aimé cela? Quand j’ai vu le line-up dans la tente Cocoon, on peut dire que c’était plutôt calme et minimal et puis tu arrives et ça tape dans tout les sens…
Justin Berkovi: C’était super et c’est comme ça chaque année. En fait, je préfère quand même jouer ici parce qu’à la Nature One, il y a plus de minimale et funky, peut-être qu’à l’avenir, je ferais une fois un set comme ça, on verra bien…

TheClubbing.com: Ta vie inclus beaucoup de voyages et ce genre de choses, comment est-ce que tu gères ça?
Justin Berkovi: Moi ça va, c’est plus dur pour ma femme et mon chat, je parlais de ça avec Deetron juste là, tout à l’heure et on était d’accord: si on pouvait avoir une semaine de boulot ‘normale’, on saurait les voir beaucoup plus souvent et être avec eux chaque jour donc c’est assez difficile, oui.

TheClubbing.com: Qu’est- ce que toi tu penses de cette explosion minimale du moment?
Justin Berkovi: Ca me fait bien rire en fait, on dirait que chaque chose devient une mode maintenant et c’est triste. Je veux dire de la minimale existe depuis des années, tu sais, et voilà qu’aujourd’hui, chaque DJ est bien nerveux de savoir ce qu’il doit jouer pour plaire.

TheClubbing.com: Ce soir, on fête les dix ans de la KoZZmoZZ, tu es venu ici la première fois en mars 2000 puis novembre 2003 et ce soir; comment est- ce que toi tu considères les soirées KoZZmoZZ?
Justin Berkovi: J’adore, c’est très bizarre en fait, même si je sais que je ne suis venu que deux fois dans le passé, c’est comme si j’étais déjà venu beaucoup plus souvent, c’est tellement chouette et ça me fait toujours plaisir de revenir ici. Tu vois, j’habite en Australie maintenant et bon, c’est pas tout près et à partir de maintenant, je vais passer beaucoup de temps en studio pour le nouvel album donc je voulais vraiment venir; tout change dans le monde techno et c’est super de venir ici et de voir tout ces gens qui te montrent leur soutien.

TheClubbing.com: Comment est-ce que tu gardes les pieds sur terre? Je peux m’imaginer que ce n’est pas facile…
Justin Berkovi: Ce n’est pas comme si j’étais une méga star comme Chris Liebing par exemple. Je veux dire, quand t’es une grande star, tu peux te permettre un peu de faire le show mais pas quand t’es un DJ, je trouve, je déteste ces DJ qui se la pètent trop. Je produis et je fais des lives depuis plusieurs années maintenant, je n’ai tout simplement pas le temps pour un comportement pareil.

TheClubbing.com: Qu’est-ce que tu penses de la scène techno et des boîtes en Belgique?
Justin Berkovi: Ha, j’aime bien ici, j’adore venir en Belgique, j’adore jouer ici, c’est un de mes pays préférés et je dis pas ça parce que vous êtes belge; chaque fois que je suis venu ici, c’était toujours la méga-fête, je me suis trop bien amusé. Tu peux prendre des risques ici et les gens l’apprécient quand- même.

Justin BerkoviTheClubbing.com: En 2003, tu as fait une tournée avec DJ Rush, comment avez-vous arrangé ça? C’était bien? Tu penses que tu le feras encore et si oui, avec quel artiste?
Justin Berkovi: Je connais DJ Rush depuis des années, c’est un bon ami, il est vraiment super sympa, on voulait s’amuser, il y a rien de plus gai que de sortir et de jouer les disques que t’as envie de jouer, bien que je doive dire que c’était assez difficile pour moi, à un moment j’ai dit STOP et voilà. Je pense que je le ferais encore oui, peut-être avec DJ Rush, peut-être avec quelqu’un d’autre, on verra.

TheClubbing.com: Tu utilises quoi comme matériel et pourquoi as-tu choisi cela?
Justin Berkovi: Avant, je faisais des lives juste en utilisant du hardware. Maintenant, j’utilise un mélange de Ableton Live avec des autres logiciels. En 2006, je vais utiliser quelques nouvelles machines de Roland, une petite machine drum avec mes propres rythmes et également un sampler/ fx pendant que je joue. Au studio, j’utilise Logic et Nord, un hardware externe. Je pense peut- être utiliser Pro Tools l’année prochaine, je l’ai essayé et j’ai adoré et je réfléchis toujours bien à quel hardware je vais acheter, c’est une décision importante.

TheClubbing.com: Ton style a été l’électro expérimentale; club techno et des hits techno classiques; tu as des projets pour l’avenir?
Justin Berkovi: J’ai pris une pause de presque une année complète, je n’ai pas sorti grand-chose et maintenant je suis prêt pour revenir avec un nouvel album. J’aimerais bien faire techno ET house en 2006 alors je suis très excité parce qu’il y a la possibilité de jouer live dans ces deux genres là. Je ne vais pas sortir de l’électro expérimentale sur des labels musique mais je vais plutôt me concentrer sur des bandes originales pour des films et travailler pour ce style de musique.

TheClubbing.com: Tu fais des lives depuis un bon moment, qu’est-ce que tu sens au moment de monter sur le podium? C’est toujours le même sentiment comparé au début?
Justin Berkovi: Ca dépend de ce que je fais. Les moments juste avant, je suis trop motivé et je veux commencer – j’attends les premiers sons avec impatience. Je suis aussi motivé qu’avant, chaque live, c’est un nouveau ‘challenge’ et je suis toujours excité…

TheClubbing.com: Qu’est- ce que tu penses de l’omniprésence de drogues dans le milieu?
Justin Berkovi: Les drogues seront toujours là – à partir du moment où tu n’exagères pas trop, je ne le vois pas comme un problème.

TheClubbing.com: Un message pour vos fans?
Justin Berkovi: THANK YOU VERY MUCH… MERCI BEAUCOUP!

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