Interview: PussySelektor

Interview: PussySelektor

PussySelektor

Dviason est apparue au grand jour l’année dernière. Depuis, l’association de PussySelektor et sa team ont envahi le Kiosk, le club en pointe au niveau de l’électronique sur Lille. Leurs soirées Freaks sont devenues incontournables et ont accueilli des artistes comme Damian Lazarus, Savas Pascalidis, Andrew Weatherall ou Radioactive Man. Des membres de ce crew qui fait baver les belges seront aussi présents dans des soirées du festival Name qui se déroule en ce moment sur Lille, Dunkerque et Maubeuge. PussySelektor va nous parler ici de son propre parcours, du parcours de Dviason et de sa vision de l’électronique et plus particulièrement de l’Electro… le style affectionné par les membres de cette association qui casse littéralement la baraque.

TheClubbing.com: Peux-tu te présenter toi et ton style musical?
PussySelektor: 28 ans. J’habite à Lille. Je suis co-organisateur des soirées Freaks à Lille depuis bientôt un an. Avant cela, j’étais comme beaucoup de DJ, dans mon bureau à jouer pour mes potes. Déjà, plus jeune dans les fêtes, c’est à moi qu’on demandait d’amener les CD. Donc, on va dire que j’étais déjà un DJ en herbe à l’époque. En plus de Dviason, je bosse également sur le site www.theclubbing.com où je gère le Nord de la France et la partie « Musique ». Je mixe principalement de l’electro mais toujours avec des incursions techno, minimal, acid, ou break, un joyeux bordel bien dancefloor en fait!

TheClubbing.com: Pourquoi avoir choisi l’Electro plus particulièrement? Qu’est-ce qui t’as fait comprendre que ce style était le tien?
PussySelektor: En fait mon éducation musicale s’est faite sur des sons pop/rock avec les Beatles, le Velvet Underground, les Beach Boys, les groupes des 60’s-70’s. J’ai longtemps dénigré les années 80 qui me semblaient pauvres. Puis je suis tombé sur des groupes comme Depeche Mode, Joy Division, Neon Judgement, tout l’indus EBM. Là, j’ai révisé mes convictions. Les machines étaient aussi des instruments à part entière et il était temps de danser! Ensuite, c’est allé très vite. Les sorties en club, les rencontres, des DJ qui m’ont fait frémir. Après c’est difficile de dire pourquoi j’ai choisi l’electro. Certainement pour son côté sombre et sa rythmique si particulière mais bon je m’éclate aussi en mixant des styles assez différents, l’electro est tellement vaste et il y a beaucoup d’écoles.

PussySelektor 2TheClubbing.com: Comment en es-tu arrivé à créer Dviason? Quel est l’objectif de votre crew et quels sont ses membres?
PussySelektor: En fait, Dviason existe depuis environ trois ans. Je n’en suis pas l’instigateur. C’est Lutezo qui a lancé cette association en 2002 et je l’ai rejoint il y a un an. Une jolie rencontre, accoudé au bar du Fuse, il y a trois ans. J’allais m’acheter mes premières platines, il m’a proposé de me donner les bases. Lutezo organisait des soirées sur Valenciennes, venait de créer son asso et montait des soirées underground 100% electro près de Valenciennes. Après m’être forgé une bonne technique, je lui ai proposé mon projet Freaks. Le crew s’est ensuite fait tout naturellement avec Lebeatcchic, le frère de Lutezo et mon « partner in crime » Da.6K. A nous quatre, nous balayons plusieurs styles d’electro, Lutezo le côté le plus dark et mental, Da.6K, l’electro breakbeat made in UK et enfin Lebeatcchic avec l’electro dancefloor matiné de minimal.

TheClubbing.com: Comment sont nées les soirées Freaks?
PussySelektor: Les soirées sont nées par réaction aux soirées lilloises dans lesquelles nous ne trouvions pas notre compte lorsque nous voulions sortir faire la fête. Etre obligé d’être sur la route tous les week-ends, passer la frontière, aller à Bruxelles ou Paris en train pour revenir le lendemain matin. C’est un parcours que beaucoup de fêtards connaissent. Ensuite, le Kiosk a ouvert sur Lille. Enfin, on entrevoyait une solution et comme tout DJ débutant, si tu ne te prends pas en main, on ne viendra pas te chercher pour jouer sauf gros coup de bol. Rapidement les patrons nous ont fait confiance pour y organiser une soirée. On a fait la première très modestement un jeudi soir avec seulement les DJ de Dviason. On a tout misé sur une promo underground, à notre image, accrocheuse et simple, à l’ancienne sur du papier fin en noir et blanc. On ne voulait pas de flyers / affiches sophistiqués comme tout le monde fait. « Back to Basics » c’est ça l’esprit de Dviason! La sauce a pris dès la première édition. Un gros buzz s’est fait autour de nos soirées et tout s’est enchaîné très vite.

TheClubbing.com: Est-ce nécessaire d’inviter des têtes d’affiche pour les Freaks? Est-ce que vous envisagez des soirées Freaks sans artistes connus?
PussySelektor: Oui c’est primordial. Déjà pour nous, c’est le pied de jouer avec un DJ que tu admires. Mais, en plus, nous proposons des guests qui ne sont jamais venus ici. C’est provoquer la surprise sans tomber dans l’évidence. Nous conservons un prix très bas à l’entrée (5€) ce qui est très rare, le tout dans un club underground à la capacité très limitée. Tant que le succès sera au rendez-vous, nous proposerons un guest international de haut vol et puis, nous nous devons d’être honnête avec notre public. Tout ce que nous gagnons avec Freaks est réinvestit dans la soirée suivante. C’est risqué mais c’est le but du jeu. Nous ne pensons pas à long terme.
On est là avant tout pour prendre du plaisir et en donner.

TheClubbing.com: Au bout de cinq Freaks, n’avez-vous pas peur de tomber dans la routine? A quoi pensez-vous pour redonner une éventuel second souffle à vos soirées?
PussySelektor: La routine, c’est loin d’être le cas! On a commencé en décembre 2004. Avec cinq éditions au compteur, nous trouvons enfin notre public, de plus en plus nombreux et fidèle. Quant à Freaks, ce n’est qu’un concept limité dans le temps. Chaque édition est un gros pari dans lequel on se donne beaucoup. Cependant, il faut savoir s’arrêter au bon moment. Nous reviendrons sûrement à la rentrée prochaine avec un tout nouveau projet. On n’est sûr de rien et c’est ça qui est trippant. En tout cas, on a beaucoup d’idées et projets bien dingues!

TheClubbing.com: Tu es parvenu à un stade où tu fais partie d’une agence de booking (Punk Id). Est-ce que c’était ton but ou as-tu un objectif plus poussé?
PussySelektor: Ce n’était pas mon but, plutôt une belle opportunité. Rejoindre Punk Id (petite agence belge mettant en avant de jeunes talents prometteurs) me permettra, je l’espère, de jouer plus et surtout plus loin, notamment en Belgique. De toute façon, tu te fais ta réputation de DJ derrière les platines. Tu ne peux pas tricher. Je pense que les gens qui ont eu l’occasion de me voir jouer ont vite vu que j’étais vrai, passionné et surtout là pour leur faire péter les plombs sur les dancefloors avec des sons pointus et accrocheurs.

TheClubbing.com: Parlons de Lille. Cette ville est en train de devenir un carrefour de l’Electro dans le nord de la France. Est-ce que cela vous a apporté un certain type de public?
PussySelektor: On a participé à l’éclosion de ce renouveau récent qui en effet ce fait de plus en plus fort à Lille. Une scène est en train de naître. Lille bougeait bien il y a quelques années puis le trou noir et là ça revient enfin. Disons que l’on est au bon moment au bon endroit. Et ça, lorsque tu le réalises, tu sais qu’il faut foncer. Des événements ambitieux comme le Laboratoire Factory organisé par ArtPointM et la présence d’un club à la programmation hors norme nous ont motivé comme beaucoup d’autres et bon, nous sommes dans une des villes les plus grandes de France. Il n’y a pas de raison pour que le clubbing ne soit pas présent. Enfin, une alternative à la Belgique!

PussySelektorTheClubbing.com: Tu es notamment impliqué dans le site de TheClubbing.com. Comment arrives-tu à nager dans toutes tes activités?
PussySelektor: C’est grâce à Theclubbing.com que je me suis tout d’abord fait connaître avec mes interviews et aussi mes nombreuses chroniques de vinyles/CD. Je suis un boulimique de travail et de musique. C’est également une jolie histoire, un tout petit site qui est devenu indispensable en très peu de temps en Belgique avec une communauté très forte et nombreuse. Lorsque tu connais bien le forum, tu peux sortir partout tu ne seras jamais seul. Beaucoup d’acteurs de la scène électronique en font partie. Des amitiés et des projets en résultent. Bien sûr le site plus le djing et Dviason, ça prend beaucoup de temps et demande des sacrifices et des compromis. Mais c’est ça le quotidien d’un passionné et aussi d’un fêtard invétéré!

TheClubbing.com: Après le festival Name, quels sont les prochains grands rendez-vous pour ton crew et toi?
PussySelektor: Déjà le Name, c’est un très gros morceau puisque les meilleurs sont là. Y jouer est un très grand honneur et une chance énorme, surtout sur le plateau BPitch Control qui est de loin mon label favori. I rock with Ellen Allien! Da.6k jouera quant à lui le samedi. J’enchaîne avec le Name à Maubeuge où je jouerai avec l’énorme Dj T ainsi que Stephen et Cosy Mozzy. Je jouerai aussi à l’after officielle du dimanche au Mosa à Mons. Ensuite, le programme s’emballe avec de nombreuses soirées pour moi. Je serai le 31/10 à Liege avec Tiefschwarz et Ivan Smaggghe puis le 11/11 au Kiosk avec le Groovy Club, une asso belge avec laquelle nous somme très proches. Compuphonic viendra jouer en exclusivité son live dont des titres vont sortir prochainement sur le label Dirty Dancing Records. C’est une party à ne pas louper. Ensuite, il y a la Freaks #6 et pas mal d’autres dates. Un programme plus que réjouissant!

TheClubbing.com: Qui sont les prochains invités des Freaks?
PussySelektor: Freaks #6 accueillera Andrew Weatherall ainsi que Nemio du crew bruxellois Digitalk avec qui nous nous associerons ponctuellement sur des soirées. D’ailleurs, vous pourrez nous retrouver tous les deux avec Andrew la veille de Freaks, le 18/11 au Soho à Bruxelles. Si l’on m’avait dit qu’un jour je jouerai 2deuxjours d’affilée avec l’un de mes electro hero, je n’y aurai jamais cru! Les prochains guests sont encore secrets mais vous pouvez nous faire confiance…

TheClubbing.com: Qu’attends-tu de l’électronique dans l’avenir?
PussySelektor: Un retour à un esprit moins business, à la berlinoise, encore plus de bons sons, la fin des clivages par style et surtout de nouvelles avancées technologiques dans le travail des sons et les techniques de mix. Déjà, en ce moment et à ce niveau, ça bouge beaucoup. Je n’imagine même pas sur quel matériel on travaillera dans dix ans!

TheClubbing.com: Pour conclure, peux-tu nous présenter ton avenir?
PussySelektor: J’espère mon avenir plein de surprises, d’un point de vue personnel un enfant, mais aussi des bookings de fou dans des endroits dingues. Je rêve d’aller jouer à Berlin par exemple. C’est un de mes objectifs. Enfin, j’espère comme tous un avenir heureux et en connexion avec la musique. On refera le point dans un an si tu veux!

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