Infinite Livez vs Stade – Morgan Freeman’s Psychedelic Semen

Infinite Livez vs Stade – Morgan Freeman’s Psychedelic Semen

Infinite Livez vs Stade - Morgan Freeman's Psychedelic Semen - Big Dada Recordings

Petite séance de rattrapage pour ceux qui seraient passés à côté de ce drôle de specimen sorti au mois de mai. Le premier album du trio Infinite Livez/Stade avait déjà fait l’objet d’une chronique élogieuse, stupéfait par cet hip-hop mutant, si délirant qu’on hésite même à l’appeler hip-hop. Infinite Livez persiste et signe qu’il a définitivement atterri sur la planète zarbi. En regardant dans tous les wikipedia électroniques du genre, il faut se lever avant les poules pour espérer dénicher quelque chose ressemblant de près ou de loin au son de cet album hors normes. On les compare à Andre 3000 ou Kool Keith dans l’esprit, mais pas dans la forme. Plus qu’un album, il s’agit ici d’un one man show musical, une succession de sketches groovy déjantés qui commencent là où s’arrête le rap.

William Blake développe son sens de l’imagination aussi équivoque et bordélique que la pochette à travers ces 11 titres, produits par le duo Stade (Pierre Audétat et Christophe Calpini). Inifinite Livez rappe comme s’il était seul dans sa chambre sur le beat lourd du premier morceau Hoxton Smoothie. Il se joue des standards hip-hop et n’hésite pas à toaster de façon aussi extravagante qu’inventive, poussant tantôt des cris de douleur et des paroles mélancoliques sur l’excellent Man Machine, ou le malsain Slack Babbath, résultat d’un coït salace entre le funk de James Brown et le goth fétichiste de Marylin Manson! Chaque nouvelle piste qui démarre est un véritable plaisir de curiosité, et on ne sait jamais à quoi s’attendre chaque fois que le compteur s’incrémente : ballade soulful hantée (Clapped Out Datsun), délire groovy de mec bourré (I Was A Saddam Body Double), rythmique massive sur fond de rires sataniques (Lol To The Depths Of Hell), soul brumeuse qui fait retomber la tension (Brand New Datsun), sons de Nintendo détraquée, ligne de basse pachydermique, MC qui improvise, surprend, et devient fou (les 11 minutes peu communes de Swaggamuffin)…

Aidé par la semence psychédélique de Morgan Freeman, Infinite Livez jouit dans l’hémisphère droit de votre cerveau en offrant un divertissement complexe, pas facile d’accès mais étrangement funky.

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