David Carretta – Rodeo Disco

David Carretta – Rodeo Disco

David Carretta - Rodeo Disco - Space Factory

Avant d’aller plus loin, dites vous bien que s’il y a un album de techno à acheter avant la fin de l’année, c’est bien celui-là! Si ça vous suffit, courez chez le disquaire du coin, sinon analysons un peu ce troisième album du producteur marseillais intitulé Rodeo Disco. Trois LP c’est peu pour quelqu’un qui a vingt ans de bouteille: David Carretta commence avec son groupe Art Kinder Industrie, où il joue de la musique industrielle et noisy avec un pote en tenue de militaire avec un masque à gaz sur le nez. Comme beaucoup de « vétérans » de la french touch, il tombe amoureux de la musique électronique en mettant les pieds dans la boue d’une rave party. Il sort son premier maxi en 93 sur la prestigieuse structure trance Harthouse (label de Sven Väth), et c’est même lui qui a posé la première pierre de la muraille International Deejay Gigolo, un label qui lui va si bien. Le son de David Carretta se durcit tout en lorgnant vers la pop avec l’album Le Catalogue Electronique, étape importante de la scène française, avant de créer son label Space Factory en 2003 pour y sortir Kill Your Radio, méchante combinaison d’EBM influences Front 242, de sons rave pas très catholiques et de techno agressive, puissante mais pas toujours très accessible. Bref, en plus d’une forte identité sonore, il y a le personnage: cheveux gominés, moustache bien peignée, poils qui dépassent de la chemise, David Carretta se dessine une image de provocateur à cheval entre Moroder et acteur italien de films de cul.

Plus italo que disco, mais résolument techno, David Carretta nous invite à marcher sur une mine antipersonnelle dès le premier morceau Dance Machine, sacrément bien foutu. Les influences sont clairement kraftwerkiennes sur l’excellent New Love vocoderisé à souhait. Comme dans tout rodéo, faites gaffe à ne pas tomber à la renverse, en écoutant par exemple Love Lazer Dance Sex, dark à l’ancienne, qui rappelle Dima (ex-Vitalic) et les premières productions Goodlife. Après ces trois titres irréprochables, l’album subit une petite baisse de régime: le brouillard tombe sur un Planet Research un peu évasif, suivi d’un Planetary Attraction sans grand intérêt. A peine on a le dos tourné, David teste nos réflexes en envoyant une nouvelle grenade en la matière du déjà classique Disco Dance, et Dieu sait à quel point il est difficile aujourd’hui de pondre des tueries tek si on ne s’appelle pas Laurent Garnier ou Agoria. Le répétitif New Disco Beat attache le danseur sur une pale d’hélicoptère, et sa compagne Gigi Succès (qui l’épaule tout au long du disque) chante sur Sex On The Moon, le genre de morceau étonnamment frais qui aurait pu être produit il y a vingt-cinq ans. La rythmique increvable et les synthés mordants de Running The Planet laissent le fin mot de l’histoire à l’outro flippante et downtempo style Carpenter, Goodbye Honey Moon.

C’est décidé, je me laisse pousser la moustache.

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