Beat Assailant – Rhyme Space Continuum

Beat Assailant – Rhyme Space Continuum

Beat Assailant - Rhyme Space Continuum - Discograph

Si vous lisez des chroniques hip-hop sur ce site, c’est qu’il s’agit d’artistes ‘classe affaire’ finement sélectionnés… Alors on s’assied bien dans le fond de son siège en cuir et…On se relève pour danser! Beat Assailant n’est pas le genre de chef cuistot qui ressort sa meilleure recette tous les jours pour se faire mousser. Ce gars d’Atlanta a fait ses vrais débuts en France lorsqu’il a rencontré le musicien Maxime Lebidois, avec qui il enregistre rapidement un album surtout basé sur le feeling (Hard Twelve). Le potentiel est là, et ils réitèrent avec Imperial Pressure, non pas entourés d’une MPC et d’un micro, mais de dix musiciens. Aujourd’hui, c’est au tour de Rhyme Space Continuum de voir le jour, qui vient compléter une trilogie en prenant les meilleurs éléments électroniques et acoustiques de chacun des deux précédents bébés. En effectuant un salto instrumental entre chaque morceau, c’est l’occasion pour lui de nous faire jouir avec son rap panoramique, dont les rimes dansent dans l’air comme les notes d’un instrument.

Ce troisième album est produit par Maxime Pinto (sax) et bien sûr Maxime Lebidois (guitare) aka MM’s. Ceux là ne fondent pas dans la main, mais bien dans nos oreilles, épaulant le flux de paroles de Beat Assailant de la meilleure manière qui soit. L’intro évoque les délires futuristes de Kanye West, un esprit cosmique que l’on retrouve sur l’ensemble du disque, mais on préfèrera sa vision beaucoup moins caricaturale! Le morceau Rhyme Space Continuum donne son titre à l’album, sans doute parce qu’il le vaut bien : un flow d’une fraîcheur inouïe et une instru qui fait bouger la tête et dotée d’un riff bluesy de vieux briscard. Avec Spy, on va plutôt chercher les comparaisons du côté d’Outkast, avec un gros sac de bonne humeur à revendre, qu’il ouvre devant nos yeux accompagné par Ben L’Oncle Soul, un duo que l’on imagine en train de faire couler le champagne sur les têtes dans un cabaret music-hall. Rien qu’avec Fire et Spaceship, Beat Assailant est sûr de vendre des disques. Comment résister à un tel groove, à ce refrain tubesque, à ces gimmicks funky attachants ? What Did You Do et Sum1nu sont clairement plus dancefloors, et rappellent ses apparitions aux cotés d’Outlines pour l’élégance et le côté sucré du morceau, ces vocoders et ces relents de vieille dance music qui en font presque un hit électro. Il n’a rien à envier à des monstres comme Lyrics Born lorsqu’il impose son style massif à la production impeccable sur Get Your Life on Track, le dangereusement sexy Role Model ou le R’n B dynamique de Creep qui va faire craquer les nanas, et rendre jaloux les mecs, aidé par son pote rappeur Ope Smith. Les titres sont courts, et c’est à vrai dire le format parfait pour ne pas s’emmerder une seconde, même si on frôle le risque zéro quand on entend le jazzy et cinématographique Underground Railroad, en se demandant si la troupe de The Herbaliser passait dans les couloirs du studio à ce moment là. Avant de terminer avec le sauvagement rock’n roll Won’t Dance, il se permet même un instrumental de jazz fougueux avec le musicien Sylvain Gontard.

15 titres et… Rien à critiquer. Jolies stats Mr Assailant! Je crois bien qu’on tient l’album hip-hop de l’année…

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