Seuil – Costes Présente… Chamaeleonidae Par Seuil

Seuil – Costes Présente… Chamaeleonidae Par Seuil

Seuil - Costes Présente... Chamaeleonidae Par Seuil - Pschent

Chamaeleonidae est le troisième disque de la série Costes présente… dédiée jusqu’à maintenant au duo Masomenos et leur minimale affectueuse (Bon Voyage et The Third Eye). Cette sortie célèbre aussi le premier album de Seuil, qui a quitté La Réunion à ses 18 ans pour vivre à Paris, où il a percé en tant que DJ et producteur techno. Derrière lui, il laisse une dizaine d’années à apprendre le piano et les percussions avant de commencer à dompter les machines en se servant de sa personnalité jazz comme vecteur. Naturellement influencé par Villalobos, Cabanne ou le label Perlon, il livre un album certes dancefloor, mais qui s’écoute à la maison du haut de ses 80 minutes (un peu longuettes). Si vous suivez l’actu, vous avez pu lire son nom sur les rondelles des disques des labels Einmalens, Eklo, Minibar, Moon Harbour, Freak’n Chic ou LezzIsMore. Ouais, il y a de quoi se la raconter!

Après Origine, un premier morceau long à la détente, Interlune 1 retrouve les prémices de la deep house à la Moodymann, masquée dans une techno minimale discrète et sensuelle. Seuil appuie progressivement sur le champignon avec Together, un groove sec ponctué par des nappes trancey dont on se délecte volontiers. Les tracks s’étalent entre 6 et 11 minutes, on sait effectivement que Seuil aime prendre son temps pour installer une ambiance. Ce genre d’utilisation de la montre, c’est souvent barbant, mais ici c’est bizarrement différent. On roule sur de légères montagnes russes, ou plutôt des collines russes, le vent en poupe en écoutant la discrète invitation à la danse de Manimal ou en s’attardant sur les froids paysages de Parlonzan. Mixé comme un DJ set, Chamaeleonidae s’avale tout seul, en partie grâce à quelques morceaux incontournables comme Saxy Back qui n’a de minimal que le beat, puisque le saxophone de D. Vandesande se fond admirablement dans l’arrière-plan organique, une espèce d’impro qui rappelle The Man With The Red Face de Laurent Garnier.
La surprise vient du chanteur Jaw. Sur Chameleon, sa voix hyper soulful met en garde des artistes comme Chelonis R.Jones ou Robert Owens! Il parvient à garder une constante légèreté dans un track gonflé à l’hélium, aussi agréable à écouter que le superbe morceau de cloture, Rue Sainte-Marie…

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