Yuksek – Away From The Sea

Yuksek – Away From The Sea

Yuksek - Away From The Sea - Barclay

C’est un peu l’événement électronique de ce début 2009. Artiste déjà bien enterré dans le béton hexagonal et nommé maintes et maintes fois « espoir de l’année » par la presse, Yuksek passe par une étape logique et inévitable de sa carrière, celui du long format. Pour ce qui est de sortir deux ou trois maxis rouleaux-compresseurs par an, Pierre-Alexandre Busson a donné. Passer le cap de l’album sans tomber dans le piège du best of et en restant cohérent, on est curieux de voir comment ce sorcier dont la baguette magique a été sollicitée par Ghostface Killah, Mika, Kaiser Chiefs, Tahiti 80 pour des remixes (voir la liste impressionnante de ses punitions sur Discogs) peut s’en sortir en une heure de temps. Sa biographie ressemble à beaucoup d’autres : né en 1977, il se rend tous les jours au conservatoire pour bosser le piano, écoute Nirvana, puis lâche ses études à 17 ans pour se consacrer entièrement à la musique, à commencer par son rôle de bassiste du groupe Klanguage, pour ensuite rejoindre toute la clique rémoise émergeante aux côtés de Brodinski, The Shoes ou The Bewitched Hands (auteurs de la cover de Tonight en morceau caché, et dont Yuksek produira l’album). Rien de bien exceptionnel dans sa manière d’arriver sur le devant de la scène, si ce n’est que Pierre-Alexandre semble posséder un don. Celui de faire de n’importe quel beat, mélodie ou morceau, une véritable turbine dancefloor!

Sur ce disque, vous ne trouverez que peu de bombes pour clubs purement Electro Tech comme Composer ou Kontraul. Yuksek l’avait déjà démontré sur ses faces B ou le récent et excitant maxi Tonight, qu’il saurait s’attaquer au format pop avec des tracks chantés et dépassant rarement les quatre minutes, en invitant Shit Disco, la rappeuse Amanda Blank de Spank Rock ou Chroméo. Il conserve alors les pistes de danse dans sa ligne de mire mais s’accommode d’autant mieux à l’écoute domestique en faisant papa-maman avec nos oreilles à chaque nouveau titre. Influencé par Gainsbourg, Lou Reed, De La Soul ou Aphex Twin, le rémois aime les musiciens à la personnalité forte, et semble suivre la même ligne de conduite, en affichant des morceaux à la production impeccable tels que la pop sexy A Certain Life dans la veine de Mocky ou Take A Ride très proche du chouchou Calvin Harris. A votre avis, pourquoi Birdy Nam Nam, l’a sollicité pour mettre en relief leurs dernières compos? Rares sont ceux qui auraient pu être à la hauteur, et ce choix est d’autant plus garanti lorsque l’on entend l’électrisant Break Ya, le downtempo spatial de I Could Never Be A Dancer, le breakbeat malin de This Is Not Today ou le massif I Like To Play, une puissance telle que vous penserez que vos enceintes auront monté en gamme!
Sans avoir peur de la partition blanche, Yuksek compose à l’instinct et continue de débiter aussi spontanément des tracks imparables comme le mélange pop/R’n B Extraball, la ballade digitale acidifiée Freak O Rocker pour terminer en transe sur Eat My Bear.

Et un album dans le top ten 2009, UN!

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