Kanye West – 808’s & Heartbreak

Kanye West – 808’s & Heartbreak

Kanye West - 808's & Heartbreak - Roc-A-Fella Records

Non je ne suis pas sponsorisé par NRJ. Cette superstar du hip-hop mérite qu’on s’intéresse à lui autrement qu’en se basant sur les préjugés habituels que l’on a sur les artistes mainstream, moi le premier. Kanye West n’est pas la machine à tube qu’on imagine, mais un producteur avant-gardiste respecté par tous, et dont la notoriété rejoint à grandes enjambées celle de Timbaland ou des Neptunes. A l’origine de tout cela, il y a une apparition sur l’album de Jermaine Dupri en 1998 qui le fait connaître aux yeux du public rap US. Repéré par le label Roc-A-Fella records, il en devient le beatmaker et travaille alors pour des artistes maison comme Jay-Z ou Freeway, avant que sa dextérité ne l’amène à bosser avec des monstres du hip-hop et du R’n B comme Ludacris, Alicia Keys, Talib Kweli ou Janet Jackson. En 2002 (il a alors 25 ans), un grave accident de voiture lui ouvre les yeux sur la signification de la vie. Cette tragédie a un profond impact sur sa carrière artistique, notamment avec le morceau Through The Wire qu ‘il enregistre dans la foulée, racontant précisément les détails de sa mésaventure.

A partir de là, Kanye West devient un musicien incontournable, confirmé par la sortie de son premier album en 2004, The College Dropout, dix fois nommé aux Grammy Awards (il en remporte 3), rien que ça… Ok, ça n’est pas forcément une référence en termes de musique pointue, mais Kanye West est l’un des rares de sa génération à raconter des choses sensées même s’il s’agit de banalités du quotidien, et à prendre d’énormes risques artistiques au même titre que Madonna ou Justin Timberlake. Bref, vous irez voir sur Wikipedia pour connaître les détails de sa biographie, nous sommes là pour parler de son quatrième album, 808’s & Heartbreak, un disque de soul futuriste capable de faire frémir aussi bien les amateurs de rap que de musique électronique ou de pop. La grande question est : est-ce un album grand public ou underground ? Sûrement les deux à la fois. Dès le premier morceau Say You Will, on voit bien que Kanye a bien envie de faire du hip-hop une science. Dénué de beat, le morceau utilise des nappes ambient à la Brian Eno et des claviers new wave pour un résultat dubby assez mystérieux. Le décor est posé, l’artiste va bien entendu broder un paysage autour avec un Welcome To Heartbreak pas facile d’accès mais à l’atmosphère révélatrice d’une mélancolie certaine, puis le surprenant Amazing qui le place immédiatement au rang de visionnaire, même s’il fait appel aux services de Lil’Wayne, Kid Cudi, Young Jeezy, ou Mr Hudson. Le seul reproche qu’on pourrait lui faire, c’est que le vocoder a du chauffer. Effectivement, la quasi-totalité des couplets/refrains ont été enregistrés en auto-tune, ce qui fait passer Cher et les Daft Punk pour des stagiaires. Ce léger excès ne suffit pas à rabaisser le niveau de l’album, consolidé par le single méritant Love Lockdown, un Robocop à la joie aussi contagieuse que celle d’un gosse à Disneyland ou l’electro-tek un poil 8 bits de Paranoid.

Kanye West écrit l’introduction d’un nouveau chapitre dans le gros bouquin du hip-hop!

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