Sexy Sushi – Tu l’As Bien Mérité

Sexy Sushi – Tu l’As Bien Mérité

Sexy Sushi - Tu l'As Bien Mérité - Scandale Records

Attention, Sexy Sushi est le truc que vous allez avoir honte d’aimer en 2009. Ce groupe né sur scène provoque le bouche à oreille par ses prestations foldingues où les gens du premier rang au minimum finissent régulièrement à moitié à poil. La charismatique Rebeka Warrior aka Reby Combat écrit ses textes et les balance en faisant un gros fuck à la censure sur les instrus issues de l’ordinateur à pédale de Mitch Silver, qui au passage joue du clavecin dans un groupe de post-rock lorsqu’il n’est pas occupé à envoyer la purée lors de leurs concerts. Ces instrus, parlons-en. C’est rentre-dedans, tellement basique qu’on y a pas pensé, tellement à chier qu’on n’oserait même pas les présenter à une maison de disque. Une médiocrité musicale pourtant énervante d’efficacité, des mélodies volontairement caricaturales qui ont pour seul but de faire danser. Et on s’y fait! L’écoute de l’album en entier a de grandes chances d’être indigeste, mais certaines bouchées auront l’effet d’un laxatif dancefloor en live ou en étant intelligemment placées au milieu d’un set.

Et au final, il est réellement possible d’accrocher à cet humour électronique premier degré déconseillé aux personnes cardiaques et à ce pouvoir entraînant non négligeable. Le duo nantais dit tout haut ce que les gens pensent tout bas, sur les mecs costauds sans cerveau, les biatches en soirée ou les dragueurs un peu lourdeaux. Ca commence de manière plutôt soft par rapport à ce qui va suivre, avec Toutes Comme Moi, sorte de Miss Kittin & The Hacker en VF et en plus marrant, tout comme Distraction, pas si racoleur que ça. Il semble que Mitch et Reby n’ont pas du mettre assez de pièces de cinquante centimes dans la boîte à gros mots quand ils étaient petits. Il est temps de se rattraper, qui plus est sur un défouloir sonore, avec Tu Dégages, où un beat techno sans concession envoie tout le montre se faire foutre et parodie doucement Johnny en allumant le feu. Sexy Sushi traite ouvertement les gens stéréotypés et les people (‘la plus conne c’est sûrement Carla Bruni’), mais trouve quand même des mélodies plus recherchées avec la poésie discoïde un poil trash A Bien Regarder : Rachida, l’instrumental entêtant et acid Va Pas Te Cabaner Là-Dedans, ou les synthés eighties de Afrodizouk. Par contre, ça sera quitte ou double pour certains morceaux punching-ball comme l’inécoutable Bling Bling Bling qui porte bien son nom. Pourtant, on monte le son comme des animaux, comme sur Y a Trop de Naz en Discothèque, avec des textes abrutissants qui finissent par avoir un effet fédérateur, ou l’explicite Enfant de Putain/Salope Ta Mère, un concentré de violence gratuite où Reby scande sans pitié fils-de-pute-enfoiré-connard-taré-fist-fucking-fatherfucker. Ouai bon ça va on se calme. Sexy Sushi ne ressemble à rien d’autre que du Sexy Sushi, et c’est au moins pour ça que vous irez y jeter une oreille!

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