dDamage – Aeroplanes

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dDamage - Aeroplanes - Ascetic Music

Quatre ans en vadrouille, c’est apparemment le temps idéal pour accoucher d’une tuerie en revenant à la maison. Aeroplanes est le quatrième album de dDamage, avec deux ‘d’ s’il vous plaît, pour deux fois plus de dégâts. Entre furie punk, rythmiques de bad boys du Bronx et électro qui tâche la cravate, le duo parisien fait ce qu’il veut dans un disque polyvalent et plein de vitamines. Aussi crade et organique qu’une fosse septique, Aeroplanes s’envoie en l’air avec plein de guests et même s’ils ne sont jamais seuls, les dDamage suivent un fil rouge vif, mettant l’invité devant le fait accompli, genre « vas-y, rappe là-dessus » ou « remixe un peu ça pour voir ». Et ça marche. L’incisif Fuzzbox, en bataille contre Bomb The Bass et Jon Spencer, attaque directement à la gorge avec ses airs peu commodes d’électro saturée pleine de clous. The Truth est un tube hip-hop en puissance, surtout quand on le mélange avec ce genre de gros son, qui fait briller la réputation électro pute de Ed Banger.

One To Hate rappelle les tribulations de datA. Son esprit new wave et la voix féminine lui donnent un côté hype, même si tout est relatif dans ce genre de composition… Avec Christ, dieu de l’ambient cristallin, ils parviennent à contruire un juste milieu, quelque chose d’épique façon M83. L’instru massive de Poulet Free a beau froncer les sourcils, elle semble pourtant motiver le flow du rappeur Tes. Ink 808 est revu par le surdoué Krazy Baldhead, bien placé pour la ramener, dans le genre barré. Moins jazzy qu’à son habitude, il s’adapte à l’humeur rough de dDamage qui n’exclut pas des moments de sérénité avec Maeban. Parenthèse un peu hors-sujet, on n’évite pas l’heure du goûter avec le trop sucré Tarantulas, et on a l’impression qu’ils ne sont pas allés jusqu’au bout de leur idée sur Please Don’t Stop avec son break qui monte sans jamais exploser. Même si Sirup Head Elephant laisse un goût d’inachevé, Aeroplanes est globalement un grand moment de fourre-tout magique : Ev Panic se permet un hommage à Ennio Morriconne, remplaçant l’harmonica par un synthé enjoué et un bon beat alambiqué. Mochipet s’illustre sur la booty-pop de Pariscore, sexy bien qu’un peu cliché et The Belly nous tient grâce à son groove synthétique à la Abstrackt Keal Agram.

Définitivement en lice pour le meilleur de 2010!

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Tweek

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