Asian Dub Foundation – Punkara

Asian Dub Foundation – Punkara

Asian Dub Foundation - Punkara - Naïve

Que peut-on attendre aujourd’hui d’un groupe comme Asian Dub Foundation? Ils ont déjà beaucoup donné tant sur le plan musical que politique, en sortant depuis 1994 une flopée d’albums qui ont fait d’eux le collectif culte qu’on connaît. Politiquement, ADF s’est calmé depuis l’époque de Free Satpal Ram et ses BO pour La Haine ou La Bataille d’Alger, en dénonçant autant mais de manière moins radicale et avec plus d’ironie… Musicalement, mis à part quelques tracks qui sortent du lot (voir les collaborations avec Sinead O’Connor par exemple) les derniers disques ont montré qu’ils avaient des difficultés à renouveler et à rendre actuelle leur fusion abondante entre punk, drum’n bass, rock et musique traditionnelle. Cette dérive du Banghra, genre qui s’est développé dans la communauté indienne et pakistanaise vivant au Royaume-Uni, est tellement cohérente que le genre se ré-exporte d’où il provient! On ne sait pas vraiment expliquer comment, mais la puissance envoyée par ce nouvel album remet ADF sur ses rails de maîtres de l’Asian underground.

L’expérience de la scène n’y est pas pour rien dans l’histoire. A force de remplir à craquer les plus grandes salles du monde (aux côtés de Primal Scream, Radiohead ou Rage Against The Machine, rien que ça…), ADF crie un peu moins, chante davantage, sur des instrumentaux moins foutraques qui résument les meilleurs éléments scéniques, comme cette intro aux guitares lourdes Target Practice. Burning Fence utilise la bonne vieille recette de musique indienne qui dégénère en drum’n bass, pour un des morceaux les plus énergiques et dansants du disque! Superpower exploite un peu trop la recette ragga/banghra pour un résultat un peu poussif, vite remis à niveau par la mélodie accrocheuse de Speed of Light. Le nouveau chanteur Al Rumjen donne des impulsions ska sur Ease Up Caesar avec le même talent qu’un bon MC drum’n bass, avant de provoquer une danse du ventre sur le folklorique Living Under The Radar. Avant de terminer sur le morceau un tant soit peu stéréotypé Awake/Asleep, on a droit au featuring surprise avec Iggy Pop, qui les considère comme le meilleur groupe qu’il ait vu en 30 ans. On se demande ce qu’il vient faire sur No Fun, mais la voix d’Iggy s’intègre parfaitement dans ce mélange de pop et de percussions ethniques!

Quoiqu’il arrive, Asian Dub Foundation trouvera toujours un public pour le suivre, et c’est amplement mérité non seulement grâce à la fraîcheur de cet album, mais aussi à l’ensemble de leur carrière bien chargée…

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