Josh Wink – When a Banana Was Just a Banana

Josh Wink – When a Banana Was Just a Banana

Josh Wink - When a Banana Was Just a Banana - Ovum Recordings

En bon pionnier confiant qui signe son retour avec un nouvel album, Josh Wink aurait au moins pu mettre son visage sur la pochette. Mais non, il a mis des bananes. Un artwork qui illustre de façon basique le titre un peu nostalgique faisant allusion au rangement de la musique dans des cases. Avant, on écoutait de tout sans barrières, maintenant, il est nécessaire d’avoir son style de prédilection et de sortir dans des soirées monogenres. C’est sa vision des choses. Ce genre d’album de vétéran de la techno est toujours attendu au tournant. La bonne nouvelle, c’est que ça ne sent ni le réchauffé, ni la facilité avec des productions sans risque. Le gars de Philadelphie affiche un feeling et une façon de produire toujours caractéristiques, en s’inscrivant à l’aise dans le catalogue tech-minimal actuel, et même un cran au dessus. Josh Wink n’a jamais été largué en partie grâce à son label Ovum qui existe depuis 1994, un des rares de l’époque a avoir survécu et à rester très actif de nos jours. Entre parenthèses, pour vous rafraîchir la mémoire ou alimenter votre culture, 1995 fut l’année de l’hyperactivité et des lauriers pour l’américain, avec trois tubes coup sur coup qui ont marqué la musique électronique : Don’t Laugh, I am Ready et Higher State of Consciousness.

Sérieux remixeur avec des travaux pour Radiohead, Depeche Mode, Lenny Kravitz, Moby ou Gus Gus, Wink a également travaillé avec des vocalistes de renom comme Ursula Rucker ou Trent Reznor de Nine Inch Nails. Et c’est peut être la seule chose qui fait défaut sur cet album. En relation avec le titre, on aurait peut être aimé y voir un éventail de styles ambitieux à la manière des derniers chantiers de Laurent Garnier. Il choisit d’effectuer un come-back sur album purement dancefloor avec un cd mixé et des sorties vinyle et digitale non mixées et destinées aux clubs, dont le public se frotte déjà les mains depuis qu’il a entendu les deux premiers EP annonciateurs : la mélodie tournoyante de Counter Clock 319 à écouter en stéréo et le chaleureux Stay Out All Night dont la mélodie jazzy s’est incrustée en haut des playlists pendant quelques mois. Airplane Electronique communique une joie hypnotique entrecoupée de micro-breaks à faire lever les bras par un simple roulement de batterie. What Used to Be Called Used to Be est un appel au retour de la TB303, dont les folies acides nous manquent un peu trop. Sans prétention, Jus’Right empile une dizaine de minute de douce house moodymannesque et très intello, pendant que Dolphin Smack montre aux jeunes à quoi ressemblait un hymne trance des années 90 tout en restant dans l’air du temps. Autre point fort, le morceau Hypnoslave demande aux jambes de prendre le dessus sur les nerfs avec cette alliance entre une rythmique tribale et une mélodie vaporeuse et métallique qui mérite un Doliprane.

Josh Wink montre qui c’est qui commande sur le dancefloor et impose effectivement le respect avec ce disque à prendre comme une compilation de tubes plutôt qu’un vrai album.

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