Jamie Lidell – Compass

Jamie Lidell – Compass

Jamie Lidell - Compass - Warp Records

Jamie Lidell est sans doute le blanc-bec mal rasé le plus funky et le plus accessible musicalement parlant du label Warp Records. Attention, Jamie sort peut être ici son album le plus abouti et éclectique! Depuis ses travaux déjantés avec le projet Super Collider et son album Muddlin Gear très difficile d’accès, ce boulimique de musique s’est progressivement tourné vers des formats plus pop avec Multiply où il laissait pour la première fois éclater ses talents de crooner, et surtout Jim, son surnom et accessoirement 3ème album, du groove en tube qui a eu son petit succès commercial. Aujourd’hui sort Compass, un espèce de compromis entre ses différentes facettes. Toujours très présent derrière le micro, il s’entoure une fois de plus de gens très biens (normal, ce sont ses potes), avec notamment Gonzales, Feist, Beck ou le batteur James Gadson. Compass est un disque qui fourmille de bonnes idées funk, pop, gospel, blues et bien sur électronique, où chaque morceau prend des virages improbables, facilement négociés par son cerveau d’homme libéré.

Départ en fanfare avec Completely Exposed. La chanson possède une structure un peu particulière, un soupçon de beatbox pour la rythmique (ceux qui l’ont vu en concert savent qu’il est très friand de ce genre d’exercice, et même plutôt balèze), et un refrain complètement organique qui se dégage de son âme plus soulful que jamais. L’effet glauque posé sur sa voix accentue le côté grinçant et un peu bancal de Your Sweet Boom, avant de plonger dans la soul qui fait des bulles du convivial She Needs Me. S’il avait enregistré Enough’s Enough 30 ans plus tôt on l’aurait confondu avec les Jackson 5, et ce joyeux virus contamine la quasi-totalité des morceaux, entre le funk chaleureux qui déborde sur les côtés de I Wanna Be Your Telephone, le beat massif et la grosse guitare de Coma Chameleon (écrite par Beck), ou She Needs Me, chanson un poil mainstream qui va faire chavirer les coeurs, avec une ligne de basse bien ronde et un refrain passe-partout! Il réitère l’exercice beatbox sur The Ring doté d’un charme blues un peu dark, puis il y a ces quelques morceaux possèdant leur propre secret, qui n’enlève rien à leur qualité : le chant de You See My Light a spontanément été enregistré sur un micro d’ordinateur au moment où l’idée a traversé ses cheveux, et Jamie a tout de même gardé contre toute attente la version ‘originale’ après quelques prises studio. Compass est définitivement une chanson à faire chialer un boucher. Enregistré avec un jouet ukulélé, Jamie joue l’efficacité maximale en faisant trembler sa voix dans un refrain émouvant entre arrangements minimaux et organiques.

Encore un truc qui va faire mal en live!

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